Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et même le contraire (1). Ainsi, lorsque ʿAlî se prépara à sortir pour affronter les kharijites, un astrologue l’intercepta et lui dit : « Ô commandeur des croyants, ne pars pas. » — « Et pourquoi donc ? » demanda-t-il. L’astrologue répondit : « La lune se trouve dans le Scorpion ; si tu pars, tu seras atteint (2) et ton armée sera vaincue. » ʿAlî — qu’Allah l’agrée — répliqua : « Le Messager d’Allah ﷺ, ni Abou Bakr ni ʿUmar n’avaient d’astrologue (3). J’irai, pour ma part, fort de ma confiance en Allah, m’en remettant à Lui et démentant tes propos (4). »

Jamais, depuis le Messager d’Allah ﷺ, il n’entreprit d’expédition plus bénie que celle-là : il anéantit les kharijites, préserva les musulmans de leur mal, puis revint appuyé et victorieux, gratifié de la bonne nouvelle annoncée par le Prophète ﷺ au sujet de celui qui les tuerait : « Les pires tués sous la voûte céleste ; le meilleur des tués est celui qu’ils auront tué » (5). Dans une autre version : « Heureux celui qui les aura tués » (6).

(1) Quand bien même le récit serait authentique, on l’interprète comme l’a proposé Ibn Nujaym dans al-Bahr ar-Raʾiq, 3/387 : «S’il est vraiment établi, l’interdiction vise seulement à empêcher qu’une coïncidence ne soit attribuée au passage de la lune dans le Scorpion, ce qui reviendrait à croire aux astres et à démentir les textes transmis qui prohibent ce domaine.» L’interdiction relèverait donc, selon certains savants, de la même logique que le commandement de fuir le lépreux. (2) Ms. T : «ʿaṭibta aw aṣabta» («que tu périsses ou que tu réussisses»). (3) Passage absent des mss. T, Q, D ; le ms. S ajoute : «munajjiman» («en qualité d’astrologue»). (4) Rapporté par al-Harith b. Abî Usâma dans son Musnad, no 564 (suppléments), et par Abû Shaykh dans al-ʿAẓama, no 707 ; l’anecdote est bien connue des ouvrages d’histoire (cf. p. 1200). (5) Rapporté par Aḥmad, 5/253 ; al-Tirmidhî, no 3000 ; Ibn Mâja, no 176, et d’autres, d’après Abû Umâma. Al-Tirmidhî l’a jugé «ḥasan» et al-Ḥâkim l’a déclaré «ṣaḥîḥ» (2/150) sans que al-Dhahabî ne le conteste. (6) Rapporté par al-Bayhaqî, 8/188, et al-Ṭabarânî dans al-Kabîr, 8/121, 267, 269, entre autres, avec la formulation : «Tûbâ à celui qui les tuera ou sera tué par eux». Transmis également d’après ʿAlî, Anas, Abû Saʿîd al-Khudrî et Ibn Abî Awfâ.
ذلك وعكسُه (١)، وأنه لما أرادَ الخروجَ لحرب الخوارج اعترضه منجِّمٌ، فقال: يا أمير المؤمنين، لا تخرج، فقال: لأيِّ شيء؟ قال: إنَّ القمرَ في العقرب، فإن خرجتَ أُصِبتَ (٢) وهُزِمَ عسكرُك، فقال عليٌّ ﵁: ما كان لرسول الله ﷺ ولا لأبي بكرٍ ولا لعمرَ منجِّم (٣)، بل أخرجُ ثقةً بالله، وتوكُّلًا على الله، وتكذيبًا لقولك (٤). فما سافر بعد رسول الله ﷺ سفرةً أبركَ منها؛ قتَل الخوارج، وكفى المسلمين شرَّهم، ورجعَ مؤيَّدًا منصورًا، فائزًا ببشارة النبيِّ ﷺ لمن قتلهم حيث يقول: «شرُّ قتلى تحت أديم السَّماء، خيرُ قتيلٍ من قتلوه» (٥)، وفي لفظٍ: «طوبى لمن قتلهم» (٦)، وفي
(١) ولو صحَّ فيحمل على ما قال ابن نجيم في «البحر الرائق» (٣/ ٣٨٧): «هذا إن صحَّ عنه فإنما نهي عنه لئلَّا يتفق اتفاقٌ فينسب إلى كون القمر في العقرب، فيكون إيمانًا بالنجوم وتكذيبًا للأخبار المروية في النهي في هذا الباب». فيكون من باب الأمر بالفرار من المجذوم على قول بعض أهل العلم. (٢) (ت): «عطبت أو أصبت». (٣) ليست في (ت، ق، د). وفي (ص): «منجما». (٤) أخرجه الحارث بن أبي أسامة في «مسنده» (٥٦٤ - زوائده)، وأبو الشيخ في «العظمة» (٧٠٧). والقصة معروفة في كتب التواريخ، كما تقدم (ص: ١٢٠٠). (٥) أخرجه أحمد (٥/ ٢٥٣)، والترمذي (٣٠٠٠)، وابن ماجه (١٧٦) وغيرهم من حديث أبي أمامة. وحسَّنه الترمذي، وصححه الحاكم (٢/ ١٥٠) ولم يتعقبه الذهبي. (٦) أخرجه البيهقي (٨/ ١٨٨)، والطبراني في «الكبير» (٨/ ١٢١، ٢٦٧، ٢٦٩)، وغيرهما، ولفظه عندهم: «طوبى لمن قتلهم وقتلوه». وروي من حديث علي، وأنس، وأبي سعيد الخدري، وابن أبي أوفى.

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