Ils dirent : « Rien de ce que nous exposons ne leur échappe ; mais ils ont choisi de s’adresser à la foule dans un langage populaire, à la portée de l’intelligence commune et profitable au plus grand nombre, tandis qu’ils ont tenu les réalités sous silence.
Ce qui les a conduits à cela, poursuivent-ils, c’est le refus obstiné de ces derniers de reconnaître leur droit et leur dénégation de ce qu’il est impossible de nier, tant ces choses relèvent pour eux de l’évidence : ainsi de leur contestation au sujet de la forme sphérique des astres, de la terre elle-même, du fait que la clarté de la lune est empruntée à celle du soleil, que l’éclipse lunaire n’est autre que l’extinction de cette lumière lorsque la terre s’interpose entre la lune et le soleil – la lune tenant son éclat de ce dernier –, la terre étant un globe entouré de toutes parts par la voûte céleste ; lorsque donc la lune entre dans l’ombre de la terre, la lumière solaire cesse de l’atteindre, comme nous l’avons déjà expliqué.
De même, disent-ils, l’éclipse solaire se produit lorsque le corps de la lune se place entre l’observateur et le soleil, les deux astres coïncidant aux deux nœuds exactement sur un même degré (1).
Il en va de même lorsqu’ils affirment l’influence effective des causes sensibles sur leurs effets, et reconnaissent l’existence de forces, de natures, d’actions et de réactions – toutes réalités fondées sur des arguments rationnels (2) et des démonstrations certaines.
Nos contradicteurs s’emploient alors à réfuter tout cela ; mais ils ne font qu’exciter davantage l’incrédulité et l’athéisme de leurs adversaires, qui en viennent à recommander à leurs disciples de s’attacher fermement à leurs positions. Et quand ces théologiens leur disent : « Ce que vous soutenez va à l’encontre de la Loi révélée ; y souscrire relève de la mécréance et revient à traiter les messagers de menteurs », ils n’en éprouvent aucun doute ni la moindre hésitation ; c’est plutôt la Loi révélée qu’ils mettent en doute, et son prestige s’en trouve diminué.