Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Cela étant ⦗1⦘, quel rapport y a-t-il entre :
– les mathématiques, qui ne sont qu’un examen des deux formes de quantité, continue et discrète ⦗2⦘ ;
– la logique, qui s’occupe des concepts seconds ⦗3⦘ et des relations qu’ils entretiennent – universalité, particularité, affirmation, négation, etc. – ;
et la connaissance du Seigneur des mondes, de Ses noms, de Ses attributs, de Ses actes, de Ses ordres et interdictions, de la mission de Ses envoyés ainsi que de Sa récompense et de Son châtiment ?!

Parmi les tromperies sataniques figure la parole de certains ignorants qui prétendent que la compréhension de ces vérités dépendrait de la maîtrise de telles spéculations rationnelles.

C’est là l’ignorance et la sottise même : ce serait comme dire que l’on ne peut savoir que la grenade est une créature si l’on ne connaît pas le nombre de ses grains, leur agencement et leur tempérament ; ou que l’on ne peut admettre que l’œil est créé sans connaître le nombre de ses membranes, son anatomie et la composition qui le constitue ; ou encore que l’on ne peut reconnaître que cette maison a été construite sans connaître le nombre de ses briques et de ses poutres, leur nature et leurs dimensions. Pareils propos font sourire tout esprit sain et proclament l’ignorance et la stupidité de celui qui les tient ⦗4⦘.

(1) Les manuscrits de base portent : « wa-in » ; leçon fautive. (2) Les « mathématiques » s’occupent de la quantité discrète, c’est-à-dire du calcul, tandis que les « géométries » s’occupent de la quantité continue ; elles visent notamment à décrire la sphéricité des cieux, le nombre de leurs couches, la pluralité des sphères mobiles et la mesure de leurs mouvements. Voir : Tahafut al-falasifa, p. 84. (3) Omission dans les mss. Q et D ; le ms. T lit « al-tali », lecture corrompue. Les « premières intelligibles » désignent les évidences premières, les « secondes » celles qui s’acquièrent. Cf. Ibn Sina, Al-Isharat wa-tanbihat, t. 1, p. 113, 118, 130, 190 ; Ibn Taymiyya, Al-Radd ‘ala al-mantiqiyyin, p. 130, 179. (4) Voir : Tahafut al-falasifa, p. 84-85.
هذا، وأين (١) تعلُّق الرياضيات التي هي نظرٌ في نوعي الكمِّ المتصل والمنفصل (٢)، والمنطقيات التي هي نظرٌ في المعقولات الثانية (٣) ونسبة بعضها إلى بعض بالكلِّية والجزئيَّة والسَّلب والإيجاب وغير ذلك= بمعرفة ربِّ العالمين وأسمائه وصفاته وأفعاله، وأمره ونهيه، وما جاءت به رسلُه، وثوابه وعقابه؟! ومن الخدع الإبليسيَّة قولُ الجُهَّال: إنَّ فهمَ هذه الأمور موقوفٌ على فهم هذه القضايا العقلية. وهذا هو عينُ الجهل والحُمْق، وهو بمنزلة قول القائل: لا يَعرفُ حدوثَ الرُّمانة من لم يعرف عددَ حبَّاتها وكيفيةَ تركيبها وطبعَها! ولا يعرفُ حدوثَ العَيْن من لم يعرف عدد طبقاتها وتشريحها وما فيها من التركيب! ولا يعرفُ حدوثَ هذا البيت من لم يعرف عددَ لَبِنَاته وأخشابه وطبائعها ومقاديرها! وغير ذلك من الكلام الذي يضحكُ منه كلُّ عاقل، وينادي على جهل قائله وحُمْقِه (٤).
(١) في الأصول: «وإن». تحريف. (٢) الرياضيات نظرٌ في الكمِّ المنفصل، وهو الحساب. والهندسيَّات نظرٌ في الكمِّ المتصل، وحاصله بيان كرِّية السماوات، وعدد طبقاتها، وعدد الأكر المتحركة في الأفلاك، ومقادير حركاتها. انظر: «تهافت الفلاسفة» (٨٤). (٣) مهملة في (ق، د). وفي (ت): «التالي». وهو تحريف. والمعقولات الأولى هي البديهيات، والثانية هي المكتسبة. انظر: «الإشارات والتنبيهات» لابن سينا (١/ ١١٣، ١١٨، ١٣٠، ١٩٠)، و «الرد على المنطقيين» (١٣٠، ١٧٩). (٤) انظر: «تهافت الفلاسفة» (٨٤، ٨٥).

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