en médecine, en astronomie et en logique ; il peut très bien être un chef de file en médecine tout en comptant parmi les créatures les plus ignorantes en calcul et en astronomie, ou encore être l’autorité reconnue en géométrie sans rien connaître des questions médicales — alors que ces disciplines sont voisines les unes des autres. Or la distance qui les sépare elles-mêmes est bien moindre que celle qui les éloigne des sciences que les messagers ont apportées de la part d’Allah.
Si donc un homme excelle dans ces savoirs tout en ignorant ce qu’ont transmis les messagers et sans s’être paré des sciences de l’islam, il n’est, par rapport à celles-ci, qu’un simple profane — voire plus éloigné encore. Le fait qu’il maîtrise la configuration des sphères célestes, la médecine, la géométrie et l’arithmétique implique-t-il qu’il connaisse pour autant la théologie, la condition de l’âme humaine, ses qualités, son retour ultime, son bonheur ou sa perdition ?
N’est-ce pas exactement comme celui qui s’imaginerait qu’un homme, parce qu’il possède une parfaite connaissance de la structure des bâtiments, de leur agencement, du débit des fleuves, des canalisations ⦗1⦘ et des qanbuṭa ⦗2⦘, détiendrait ipso facto la science d’Allah, de Ses noms, de Ses attributs, de ce qui Lui sied et de ce qui Lui est impossible ?
Les sciences de ces gens ne sont, en réalité, que le fruit de la réflexion et de l’expérience ; quel rapport peuvent-elles donc avoir avec les sciences des prophètes, qu’ils reçoivent d’Allah par l’entremise des anges ?