créatures et de leurs états.
Survinrent alors des ignorants qui, les voyant avoir raison sur certains points, voire sur nombre d’entre eux, s’écrièrent : « Tout ce qu’ils avancent est exact, puisque nous avons pu constater l’exactitude de bien de leurs dires. »
À cela s’ajouta que ces derniers, lorsqu’ils eurent reconnu la justesse des conclusions auxquelles leurs spéculations les avaient conduits dans les mathématiques (1) et dans certaines sciences naturelles, se fièrent à leur propre raison, se réjouirent du savoir qu’ils détenaient et s’imaginèrent que tout le reste de ce que leur réflexion avait solidement établi (2) au sujet d’Allah, de Son être et de Sa majesté, était à l’identique conforme à ce que leur pensée leur avait suggéré, et que ce degré de certitude équivalait à celui qu’offre l’observation sensible dans les sciences naturelles et mathématiques. Le mal s’en trouva décuplé, la calamité devint immense : on renia Allah, Ses attributs, Sa création de l’univers et Sa capacité à le recréer ; on renia Sa parole, Ses messagers et Sa religion.
Nombre d’entre eux en vinrent à se considérer comme l’élite du genre humain et les véritables gens doués d’intelligence, tandis que tous les autres n’étaient que des écorces ; ils soutinrent que les messagers n’avaient dirigé ces masses que pour éviter qu’elles ne deviennent pareilles au bétail, plaçant ainsi les envoyés au rang du gardien d’un mâristân (3). Quant aux hommes de raison, rompus aux disciplines rationnelles (4) et à la spéculation, ils n’auraient, selon eux, nul besoin des messagers ; bien plus, ce seraient eux qui enseigneraient aux messagers la méthode (5) propre à l’appel adressé aux hommes, comme on le lit dans leurs ouvrages : « Il convient que le messager fasse ceci ou cela ! »