Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

une partie de la lumière subsiste en elle, selon sa taille et sa nature propres. Il arrive que tout le disque lunaire pénètre dans le cône mais le traverse par un de ses flancs ; parfois, seule une partie du disque y entre tandis que le reste demeure hors du cône ; il se peut même qu’il ne fasse qu’effleurer le cône d’ombre sans qu’aucune portion de son corps n’y tombe réellement.

(1) Cette variété de situations tient à la distance qui sépare la Lune de la ligne qui part du centre du monde, traverse le centre du Soleil et coïncide avec l’axe du cône. Lorsque sa latitude devient suffisamment grande, à savoir (2) que l’écart entre elle et l’un des deux nœuds — la Tête ou la Queue — dépasse treize (3) minutes d’arc, elle ne touche plus du tout le cône ; si elle ne fait que passer sur l’un de ses côtés, la durée de son immersion se réduit, voire s’annule.

Tout cela ne peut être établi qu’après avoir, en premier lieu, déterminé le diamètre de l’ombre.

Le diamètre apparent de la Lune varie selon sa distance à la Terre ; de même (4) le diamètre du cône d’ombre change avec l’éloignement du Soleil : plus le Soleil est proche, plus l’ombre terrestre est mince et courte ; plus il s’en éloigne, plus cette ombre devient longue et épaisse. En effet, quand le Soleil se trouve loin, son diamètre apparent diminue et ses rayons convergent davantage ; inversement, lorsqu’il paraît plus grand à l’œil, les lignes rayonnantes sont plus courtes et se rencontrent plus tôt. C’est pourquoi la section que la Lune traverse varie selon l’épaisseur de l’ombre au moment des éclipses. Les astronomes appellent falak al-jawhar (l’orbe de la substance) le lieu de l’ombre que la Lune franchit.

Une fois connus le diamètre de l’ombre et le demi-diamètre de la Lune, on les additionne

(1) Le manuscrit T porte : « wa rubbama » (« et peut-être »). (2) Les copies de base lisent « bi-an lan », lecture fautive ; l’édition Ṭ propose « bi-an lā yabqā » (« afin qu’il ne reste pas »). (3) Telle est la leçon des manuscrits, déjà rencontrée à plusieurs reprises. (4) Le manuscrit Q propose : « wa-li-dhālika » (« c’est pourquoi »).
بقدره وطبعه، وقد يقعُ كلُّه في المخروط ولكن يمرُّ في جانبٍ منه، وقد يقعُ بعضُه في المخروط ويبقى بعضُه خارجًا، وربَّما يماسُّ مخروطَ الظلِّ ولا يقعُ من جِرْمه شيء. وإنما (١) يختلفُ هذا باختلاف بُعده من الخطِّ الخارج من مركز العالم المارِّ بمركز الشمس المطابق لسهم المخروط، حتى إذا عَظُمَ عرضُه بأن كان (٢) بينه وبين إحدى نقطتي الرأس والذَّنَب أكثر من ثلاثة عشر (٣) دقيقةً لا يماسُّ المخروطَ أصلًا، وإذا وقع في جانبٍ منه قلَّ مُكثُه، وربما لم يكن له مكثٌ أصلًا. وإنما يُعرَفُ ذلك بتقديم معرفة قُطر الظِّل. وقُطر القمر يختلفُ باختلاف أبعاده عن الأرض، وكذلك (٤) قُطر الظلِّ أيضًا يختلفُ باختلاف أبعاد الشمس عن الأرض، فإنَّ الشمس متى قَرُبَت من الأرض كان ظلُّ الأرض دقيقًا قصيرًا، وإذا بَعُدَت عنها كان ظلُّ الأرض طويلاً غليظًا؛ لأنها متى بَعُدَت عن الأرض يُرى قُطرُها أصغر وأقربَ تلاقيًا منها، وكلما كان أعظمَ مقدارًا في رأي العين فالخطوطُ الشُّعاعية أقصرُ وأقربُ تلاقيًا، فلذلك يختلفُ قَطْعُ القمر غِلَظَ الظلِّ في أوقات الكسوفات. والموضعُ الذي يقطعه القمرُ من الظلِّ يسمُّونه فلَكَ الجوهر. وإذا عُرِفَ قُطر الظلِّ , وعُرِفَ مقدارُ قُطر نصف القمر , وجُمِعَ بينهما
(١) (ت): «وربما». (٢) في الأصول: «بأن لان». وهو تحريف. وفي (ط): «بأن لا يبقى». (٣) كذا في الأصول. ومرَّت له نظائر. (٤) (ق): «ولذلك».

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