parallèles, et l’ombre conserverait une épaisseur égale jusqu’à ce qu’elle atteigne la circonférence du monde.
Et si le diamètre du Soleil était inférieur à celui de la Terre, les rayons sortiraient en convergence du côté du Soleil, leur faisceau le plus large se déployant au niveau du diamètre terrestre ; l’ombre s’épaissirait alors à mesure qu’elle s’éloigne de la Terre, jusqu’à la limite de la sphère céleste, et il s’ensuivrait que la Lune serait éclipsée à chaque opposition, ce que les faits démentent.
Or, puisqu’il est établi que l’ombre de la Terre est conique et qu’elle se situe du côté opposé au Soleil, le sommet de ce cône se trouve nécessairement sur la surface de la sphère du Zodiaque et, avec la révolution solaire, décrit un cercle faisant constamment face au point opposé à la position du Soleil.
Cette ombre qui s’étend au-dessus de la Terre, c’est la nuit. Lorsque le Soleil est au-dessus de l’horizon, l’ombre, pour nous, se trouve au-dessous de la Terre : nous sommes alors baignés de la lumière solaire, et c’est le jour. Le temps durant lequel l’ombre demeure au-dessus de la Terre correspond donc à la durée de la nuit.
Si, au moment de l’opposition, la Lune passe par l’alignement des deux nœuds — la Tête et la Queue —, elle tombe inévitablement dans le cône d’ombre ; en effet, la ligne qui part du centre du monde, traverse le centre du Soleil puis, de l’autre côté, le centre de la Lune, coïncide(1) avec l’axe du cône d’ombre. La Lune se trouve alors au cœur même du cône et s’obscurcit entièrement, car la Terre l’empêche de recevoir la lumière du Soleil : il ne lui reste plus que sa substance propre.
Mais si la Lune possède une latitude(2) qui la fait dévier de l’axe du cône, une partie de la lumière subsiste en elle.