et celles du soleil, estimant que l’éclat des planètes procédait de sa propre clarté.
Je ne prétends pas ici épuiser la controverse en exposant tous les arguments pour et contre chacune des deux opinions ; mon propos se limite à expliquer la cause de l’éclipse lunaire.
La terre, étant un corps dense, reçoit la lumière du soleil sur une de ses faces et projette de ce fait une ombre sur la face opposée ; tout objet susceptible de porter ombre la projette en effet du côté opposé à l’astre lumineux. Ainsi, lorsque le soleil l’éclaire depuis l’Orient, son ombre se déploie vers l’Occident, et lorsqu’il l’éclaire depuis l’Occident, l’ombre se penche vers l’Orient.
Or la terre est bien plus petite que le disque solaire : son ombre s’élève donc dans l’espace en prenant la forme d’un cône (1) dont la base épouse à peu près la circonférence terrestre, puis ce cône se resserre peu à peu jusqu’à s’affiner et se dissoudre. En effet, le diamètre du soleil étant supérieur à celui de la terre, les rayons qui partent de ses bords vers ceux de la terre convergent au lieu de rester parallèles ; lorsqu’ils atteignent la terre dans une direction rectiligne, ils se propagent ensuite le long de ses flancs (2) et finissent nécessairement par se rejoindre (3) en un point unique. L’ombre de la terre se trouve ainsi confinée dans un volume conique : c’est bien un cône, dont la base prend naissance au contact de la terre et dont le sommet correspond au point où les rayons se rencontrent.
Si, à l’inverse, le diamètre de la terre égalait celui du soleil, les lignes radiales auraient alors été