on voit des bords du grand objet (1) d’autant plus nombreux qu’il demeure distant du petit ; et, à mesure que ce dernier s’éloigne du grand tout en se rapprochant de l’observateur, la portion visible de ces bords diminue jusqu’à disparaître complètement, constat que l’expérience sensible confirme.
Quant à la cause de l’éclipse lunaire, elle tient à l’interposition de la terre entre la lune et le soleil : la lune se trouve alors empêchée de capter la lumière solaire et l’obscurité de l’ombre terrestre envahit son trajet, car elle ne possède aucune lumière propre et ne l’emprunte qu’au soleil.
Reste à savoir si cette captation de lumière est l’apanage de la lune ou si les autres astres y participent. Les astronomes formulent à ce sujet deux opinions :
- Seul le soleil brille par lui-même, tandis que les autres corps célestes n’illuminent qu’accidentellement en reflétant sa clarté, comme on l’a constaté pour la lune.
- L’obscurcissement (2) est particulier à la lune ; les autres astres, à l’instar du soleil, sont lumineux par nature.
Les tenants de ce dernier avis rétorquent aux partisans du premier que, si les planètes recevaient réellement leur éclat du soleil, l’intensité de cette lumière varierait, pour celles situées sous la sphère solaire, selon leur proximité ou leur éloignement de l’astre, exactement comme on l’observe pour la lune, dont la luminosité (3) change avec la distance qui la sépare du soleil.
Ce qui a conduit ces savants à adopter cette thèse, c’est l’observation du lien qu’ils ont décelé entre les mouvements des astres