et en confirme la portée, car les deux preuves (1) s’appuient sur des actes du Seigneur qui attestent Son existence, Son unicité et Son exclusivité dans la seigneurie (2) comme dans la divinité, actes que ni toi ni personne en dehors d’Allah n’est capable de reproduire (3).
Lorsque l’ennemi d’Allah comprit cette vérité – à savoir que Celui dont il est question est, pour toute chose, Tout-Puissant, qu’aucune créature ne Le met en échec et qu’aucune volonté ne Lui paraît ardue –, il redouta de dire à Abraham : « Demande donc à ton Seigneur de la faire venir depuis l’Occident. » Car Allah l’aurait fait, et l’inanité de ses prétentions serait apparue aux yeux de ses partisans ; ils auraient vu son mensonge et son inaptitude à la seigneurie. Il fut donc confondu et se tut.
Cette controverse recèle en outre un trait d’une grande subtilité : le polythéisme qui s’est répandu dans le monde repose essentiellement sur le culte des astres et des tombeaux ; puis l’on façonna des idoles à leur effigie – comme il a déjà été expliqué.
Ainsi, les deux preuves qu’Abraham a avancées suffisaient à ruiner intégralement la prétendue divinité de ces êtres : Allah, Lui seul, fait vivre et fait mourir. Or celui qui vit puis meurt n’est en aucune façon apte à la divinité, ni durant sa vie ni après sa mort, puisqu’il a au-dessus de lui un Seigneur tout-puissant, irrésistible, qui dispose de lui comme Il veut, l’a fait vivre puis l’a fait mourir. Comment donc un tel être pourrait-il être une divinité, au point que l’on forge une idole à son image et qu’on l’adore en dehors d’Allah ?!
Il en va de même pour les astres : l’astre le plus visible et le plus imposant aux sens est le soleil. Or celui-ci est une créature entretenue, gouvernée et asservie, dépourvue de toute maîtrise sur son propre mouvement. Son Seigneur et Créateur, exalté soit-Il, le fait apparaître à l’Orient ; il se plie à Son ordre et à Sa volonté. C’est donc un être créé, soumis, dirigé, et non une divinité qu’il conviendrait d’adorer en dehors d’Allah.