sa prétention, en l’interpellant d’une manière qui portait en elle-même sa réfutation, et lui dit : « Si tu es une divinité, comme tu le prétends, et que tu fasses vivre et mourir comme mon Seigneur fait vivre et mourir, sache qu’Allah fait venir le soleil de l’Orient et que celui-ci (1) se soumet à Sa puissance, à Son assujettissement et à Sa volonté ; sois donc, si tu es un dieu, capable de le faire apparaître depuis l’Occident.
Observe ensuite la parole de l’infidèle : “Je fais vivre et je fais mourir.” Il n’a pas dit : “C’est moi qui fais vivre et fais mourir”, voulant signifier : « J’agis comme Allah agit, et je serais ainsi un seigneur semblable à Lui. » Abraham répliqua : « Si tu dis vrai, accomplis donc Son acte dans le lever du soleil : puisque Lui le fait surgir d’un côté, fais-le, toi, surgir d’un autre côté. »
Considère encore la qualité de l’argumentation contenue dans ce débat : elle s’appuie sur des actes du Seigneur, visibles et tangibles, qui attestent Son existence, la perfection de Sa puissance, de Sa volonté, de Sa science et de Son unicité – le fait de donner la vie et la mort, phénomènes attestés qu’Allah seul peut réaliser, et le fait qu’Il fait venir le soleil de l’Orient, chose qu’aucun autre que Lui ne saurait accomplir.
Voilà une preuve qu’aucune objection ne saurait invalider. L’ennemi d’Allah n’a fait que semer la confusion, laissant croire aux présents qu’il possédait, pour la vie et la mort, une capacité équivalente à celle du Seigneur. Aussi Abraham lui dit-il : « Si les faits sont tels que tu le prétends, montre-moi donc ta puissance en faisant venir le soleil de l’Occident, afin qu’elle soit (2) comparable à la puissance d’Allah qui le fait venir de l’Orient. »
Où donc y aurait-il ici un changement d’argument ? Bien au contraire, c’est là l’une des formes les plus remarquables de controverse : le second argument complète le sens du premier et le clarifie.