Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Mais nous affirmons catégoriquement que pareille idée n’a jamais effleuré(1) le cœur du polythéiste débatteur, et que telle n’était nullement son intention ; il n’est donc pas permis d’interpréter la parole d’Allah au moyen de telles fadaises. Nous implorons Allah de nous préserver de parler de Lui sans science, car c’est, de toutes les prohibitions, la plus grave et la plus lourdement sanctionnée.

Or, certains spécialistes des fondements (uṣûl) et de la dialectique ont estimé qu’Abraham était passé, avec l’idolâtre, d’un argument à un autre, sans répondre à son affirmation : « Moi, je fais vivre et je fais mourir »(2).

Ils avancent qu’il lui était possible de parachever(3) le premier raisonnement en disant : « Par “donner la vie”, j’entends ranimer un mort et faire advenir la vie en lui, et non pas simplement le maintenir en vie. » Il aurait aussi pu clore ce même raisonnement par une objection(4) intrinsèque : « Fais donc revivre celui que tu as tué, si tu es véridique. » Mais il passa à un argument plus éclatant que le précédent et déclara : « Allah fait venir le soleil de l’Orient ; fais-le donc venir de l’Occident. » L’idolâtre négateur se trouva alors confondu.

La réalité n’est pas celle qu’ils décrivent, et il ne s’agit nullement(5) d’un changement d’argument ; il s’agit plutôt de le contraindre aux implications mêmes de sa prétention à la divinité. La preuve avancée par Abraham était complète et sa conclusion solidement établie. Lorsque le mécréant prétendit accomplir ce qu’Allah accomplit, se posant ainsi en divinité aux côtés d’Allah, Abraham le mit alors au défi selon l’exigence même de

(1) Ms. T : « la yadkhulu wa yakhtur » (« il ne s’introduit ni ne vient à l’esprit »). (2) Voir : Al-Kafiya fî al-jadal, p. 552 ; ‘Alam al-jadhal, p. 105 ; Al-Wâdiḥ, t. 1, p. 504 ; Al-Baḥr al-muḥîṭ, t. 5, p. 354 ; Al-Itqân, de as-Suyûṭî, p. 1956. (3) Ms. T : « yatimm » (« il s’accomplit »). (4) Ms. Ṭ : « bi-muʿâraḍatih » (« par son opposition »). (5) Voir : Aṣ-Ṣawâʿiq al-mursala, p. 491 ; Ad-Dâ’ wa ad-Dawâ’, p. 301 ; Uṣûl as-Sarakh­sî, 2/288 ; Aḥkâm al-Qur’ân, d’al-Jassâṣ, 2/171 ; Tafsîr Ibn Kathîr, 2/631 ; Al-Bidâya wa an-Nihâya, 1/344.
بل نقطعُ بأنَّ هذا لم يخطُر (١) بقلب المشرك المناظِر البتَّة، ولا كان هذا مرادَه، فلا يحلُّ تفسيرُ كلام الله بمثل هذه الأباطيل، ونسأل الله أن يُعِيذنا من القول عليه ما لم نعلم، فإنه أعظمُ المحرَّمات على الإطلاق وأشدُّها إثمًا. وقد ظنَّ جماعةٌ من الأصوليِّين وأرباب الجدل أنَّ إبراهيمَ انتقل مع المشرك من حجَّةٍ إلى حجَّة، ولم يُجِبه عن قوله: أنا أحيي وأميت (٢). قالوا: وكان يمكنُه أن يُتَمَّم (٣) معه الحجَّةَ الأولى، بأن يقول: مرادي بالإحياء إحياءُ الميت وإيجادُ الحياة فيه، لا استبقاؤه على حياته، وكان يمكنُه تتميمُها بمعارضةٍ (٤) في نفسها، بأن يقول: فأحْيِ مَن أمتَّ وقتلتَ إن كنتَ صادقًا، ولكن انتقَل إلى حجَّةٍ أوضحَ من الأولى، فقال: إنَّ الله يأتي بالشمس من المشرق فأتِ بها من المغرب، فانقطَع المشركُ المعطِّل. وليس الأمرُ كما ذكروه، ولا هذا انتقال (٥)، بل هذا مطالبةٌ له بمُوجَب دعواه الإلهية، والدليلُ الذي استدلَّ به إبراهيمُ قد تمَّ وثبَت مُوجَبه، فلمَّا ادعى الكافرُ أنه يفعلُ كما يفعلُ الله فيكونُ إلهًا مع الله طالَبه إبراهيمُ بمُوجَب
(١) (ت): «لا يدخل ويخطر». (٢) انظر: «الكافية في الجدل» (٥٥٢)، و «عَلَم الجذل» (١٠٥)، و «الواضح» (١/ ٥٠٤)، و «البحر المحيط» (٥/ ٣٥٤)، و «الإتقان» للسيوطي (١٩٥٦). (٣) (ت): «يتم». (٤) (ط): «بمعارضته». (٥) انظر: «الصواعق المرسلة» (٤٩١)، و «الداء والدواء» (٣٠١)، و «أصول السرخسي» (٢/ ٢٨٨) و «أحكام القرآن» للجصاص (٢/ ١٧١)، و «تفسير ابن كثير» (٢/ ٦٣١)، و «البداية والنهاية» (١/ ٣٤٤).

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