Mais nous affirmons catégoriquement que pareille idée n’a jamais effleuré(1) le cœur du polythéiste débatteur, et que telle n’était nullement son intention ; il n’est donc pas permis d’interpréter la parole d’Allah au moyen de telles fadaises. Nous implorons Allah de nous préserver de parler de Lui sans science, car c’est, de toutes les prohibitions, la plus grave et la plus lourdement sanctionnée.
Or, certains spécialistes des fondements (uṣûl) et de la dialectique ont estimé qu’Abraham était passé, avec l’idolâtre, d’un argument à un autre, sans répondre à son affirmation : « Moi, je fais vivre et je fais mourir »(2).
Ils avancent qu’il lui était possible de parachever(3) le premier raisonnement en disant : « Par “donner la vie”, j’entends ranimer un mort et faire advenir la vie en lui, et non pas simplement le maintenir en vie. » Il aurait aussi pu clore ce même raisonnement par une objection(4) intrinsèque : « Fais donc revivre celui que tu as tué, si tu es véridique. » Mais il passa à un argument plus éclatant que le précédent et déclara : « Allah fait venir le soleil de l’Orient ; fais-le donc venir de l’Occident. » L’idolâtre négateur se trouva alors confondu.
La réalité n’est pas celle qu’ils décrivent, et il ne s’agit nullement(5) d’un changement d’argument ; il s’agit plutôt de le contraindre aux implications mêmes de sa prétention à la divinité. La preuve avancée par Abraham était complète et sa conclusion solidement établie. Lorsque le mécréant prétendit accomplir ce qu’Allah accomplit, se posant ainsi en divinité aux côtés d’Allah, Abraham le mit alors au défi selon l’exigence même de