Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de l’Occident. Le mécréant en demeura confondu (1) et s’écria : « Cet homme est fou ! Chassez-le. Ne voyez-vous pas que, dans sa folie, il a osé s’attaquer à vos divinités et les a brisées, et que le feu ne l’a même pas consumé ? » Craignant d’être couvert de honte devant son peuple – lui qui prétendait être une divinité – il ordonna qu’Abraham fût expulsé, et celui-ci fut donc mis dehors.

Mujâhid a commenté : « Donner la vie consiste à ne pas tuer, et faire mourir consiste à mettre à mort celui que je décide de tuer. »

Selon Ibn Jurayj, on amena deux hommes ; il en tua l’un et laissa l’autre vivant, puis déclara : « Je fais vivre et je fais mourir ; je tue (2) et, ce faisant, j’ôte la vie à celui que je mets à mort, tandis que je fais vivre en m’abstenant de tuer. »

Ibn Isḥâq rapporte : « Il nous a été dit – et Allah sait mieux – que Nimrod demanda à Abraham : “Parle-moi de ce Dieu que tu adores, à l’adoration duquel tu convies les gens et dont tu vantes la puissance au-dessus de toute autre ; qu’est-Il donc ?” Abraham répondit : “Mon Seigneur est Celui qui fait vivre et fait mourir.” Nimrod répliqua : “Moi aussi, je fais vivre et je fais mourir.” Abraham lui demanda : “Comment t’y prends-tu pour donner la vie et ôter la vie ?” Il répondit : “Je saisis deux hommes qui, selon mon jugement, méritent la peine capitale : j’en mets un à mort – voilà pour la mort –, et je gracie l’autre – voilà pour la vie.” Abraham ajouta alors : “Eh bien, Allah fait venir le soleil de l’Orient ; fais-le donc venir de l’Occident, et je reconnaîtrai que tu possèdes la puissance que tu revendiques.” Nimrod en fut réduit au silence ; il ne trouva rien à répliquer et comprit qu’il en était incapable. »

Telle est la parole des Anciens au sujet de cette controverse, et tous les exégètes qui leur ont succédé tiennent le même propos : jamais aucun d’eux n’a prétendu que le sens du verset serait que cette action de faire vivre et de faire mourir procède de moi ou de quiconque. Il est certes possible qu’un homme provoque la génération par le mélange des tempéraments ou par le mouvement des corps célestes.

(1) Le manuscrit T lit : «fa-buhita al-ladhi kafara ʿinda dhalik» («Alors l’impie fut confondu à cet instant»). (2) Passage omis dans le manuscrit Q, mais présent dans D, T et dans le Tafsir.
المغرب. فبُهِتَ الذي كفر (١)، وقال: إنَّ هذا إنسانٌ مجنون، فأخرِجُوه، ألا ترون أنه من جنونه اجتَرأ على آلهتكم فكسَرها، وأنَّ النارَ لم تأكله. وخشي أن يفتضحَ في قومه، وكان يزعمُ أنه ربٌّ، فأمَر بإبراهيم فأُخرِج. وقال مجاهد: أحيي فلا أقتُل، وأميتُ من قتلتُ. وقال ابن جريج: أُتِيَ برجلين، فقتَل أحدَهما وترَك الآخر، فقال: أنا أحيي وأميت، أقتلُ (٢) فأميتُ من قتلتُ، وأحيي فلا أقتُل. وقال ابن إسحاق: ذُكِرَ لنا ــ والله أعلم ــ أنَّ نمرودَ قال لإبراهيم: أرأيتَ إلهك هذا الذي تعبدُ وتدعو إلى عبادته وتذكرُ من قدرته التي تعظِّمه بها على غيره، ما هو؟ قال إبراهيم: ربِّي الذي يحيي ويميت، قال نمرود: أنا أحيي وأميت، فقال له إبراهيم: كيف تحيي وتميت؟ قال: آخذُ الرجلين قد استوجبا القتلَ في حكمي، فأقتلُ أحدَهما فأكونُ قد أمتُّه، وأعفو عن الآخر فأتركُه، فأكونُ قد أحييتُه، فقال له إبراهيم عند ذلك: فإنَّ الله يأتي بالشمس من المشرق فأتِ بها من المغرب، أَعرِفْ أنه كما تقول، فبُهِتَ عند ذلك نمرود، ولم يرجِع إليه شيئًا، وعرَف أنه لا يطيقُ ذلك. فهذا كلامُ السَّلف في هذه المناظرة، وكذلك سائرُ المفسِّرين بعدهم، لم يقل أحدٌ منهم قطُّ: إن معنى الآية أنَّ هذا الإحياءَ والإماتةَ حاصلٌ منِّي ومن كلِّ أحد، فإنَّ الرجلَ قد يكون منه الحدوثُ بواسطة تمزيجِ الطبائع وتحريك الأجرام الفلَكيَّة.
(١) (ت): «فبهت الذي كفر عند ذلك». (٢) ساقطة من (ق). وهي في (د , ت) و «التفسير».

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