Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

On dira : porter sur elles un quelconque jugement (1) suppose d’abord de se les représenter afin que ce jugement ait un objet ; or il est impossible de se les représenter tout en les considérant dépouillées de toute existence mentale (2).

Si l’on objecte : « Nous reconnaissons que c’est impossible, mais, lorsque nous les appréhendons avec leur existence – qu’elle soit mentale ou extérieure –, deux éléments se présentent : d’une part leur réalité, leur quiddité propre, d’autre part cette existence mentale ou extérieure. Nous les saisissons donc comme existantes, puis nous les jugeons en abstraction de cette existence ; le jugement porte ainsi sur une partie seulement de l’ensemble ainsi conçu. »

Nous répondrons : la portion ainsi isolée n’est qu’un pur néant, comme il a été montré plus haut, et le néant n’est pas l’effet d’un agent.

Le nœud de la question est le suivant : les entités, en tant qu’entités, sont soit existence, soit inexistence. Si elles relèvent de l’existence, elles proviennent de l’action du Façonneur ; si elles relèvent du néant, celui-ci, comme son nom l’indique, n’a aucun lien avec l’action du Façonneur (3).

Section

  • Quant à son affirmation selon laquelle Abraham – sur lui la paix – se serait appuyé, pour démontrer l’existence du Créateur, sur des preuves astronomiques telles qu’il les a exposées, nous disons : il est vraiment étonnant que vous mentionniez l’Ami du Tout-Miséricordieux dans un tel contexte, lui qui fut le plus farouche ennemi des adorateurs des astres et des idoles façonnées à leur image. Ce sont précisément ces gens-là qui le jetèrent dans le feu, qu’Allah rendit pour lui fraîcheur et salut, et nul parmi les créatures n’est plus innocent d’eux que lui, sur lui la paix.
(1) (T) : « Le jugement qui la concerne repose sur ce… » (2) (Q) : « l’existence et l’intellect » ; forme corrompue. (3) Voir : Ibn Taymiyya, Majmuʿ al-Fatâwâ, t. 2, p. 144 ; t. 8, p. 182 ; t. 16, p. 265.
قيل: الحكمُ عليها بشيءٍ ما (١) يستلزمُ تصوُّرَها ليمكنَ الحكمُ عليها، وتصوُّرُها مع أخذها مجرَّدةً عن الوجود الذِّهنِيِّ (٢) مُحال. فإن قيل: مسلَّمٌ أنَّ ذلك مُحال، ولكن إذا أخذناها مع وجودها الذِّهنيِّ أو الخارجيِّ فهنا أمران: حقيقتُها وماهيتها، والثاني: وجودُها الذِّهنيُّ أو الخارجي، فنحن أخذناها موجودةً، وحكمنا عليها مجردةً، فالحكمُ على جزء هذا المأخوذ المتصوَّر. قيل: هذا القدرُ المأخوذُ عدمٌ محضٌ ــ كما تقدم ــ، والعدمُ لا يكونُ بجَعْلِ جاعل. ونكتةُ المسألة: أنَّ الذَّوات من حيث هي ذواتٌ إمَّا أن تكون وجودًا أو عدمًا، فإن كانت وجودًا فهي بجَعْلِ الجاعل، وإن كانت عدمًا فالعدمُ كاسمه، ولا يتعلَّقُ بجَعْلِ الجاعل (٣). فصل * وأمَّا قولُه: إنَّ إبراهيم ﷺ كان اعتمادُه في إثبات الصَّانع على الدلائل الفلَكيَّة، كما قرَّره؛ فيقال: من العجب ذِكرُكم لخليل الرحمن في هذا المقام، وهو أعظمُ عدوٍّ لعبَّاد الكواكب والأصنام التي اتخِذَت على صُورِها، وهم أعداؤه الذين ألقوه في النار، حتى جعلها الله عليه بردًا وسلامًا، وهو ﷺ أعظمُ الخلق براءةً منهم.
(١) (ت): «الحكم عليها مبني على ما». (٢) (ق): «الوجود والذهن». وهو تحريف. (٣) انظر: «مجموع الفتاوى» (٢/ ١٤٤ , ٨/ ١٨٢, ١٦/ ٢٦٥).

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