On dira : porter sur elles un quelconque jugement (1) suppose d’abord de se les représenter afin que ce jugement ait un objet ; or il est impossible de se les représenter tout en les considérant dépouillées de toute existence mentale (2).
Si l’on objecte : « Nous reconnaissons que c’est impossible, mais, lorsque nous les appréhendons avec leur existence – qu’elle soit mentale ou extérieure –, deux éléments se présentent : d’une part leur réalité, leur quiddité propre, d’autre part cette existence mentale ou extérieure. Nous les saisissons donc comme existantes, puis nous les jugeons en abstraction de cette existence ; le jugement porte ainsi sur une partie seulement de l’ensemble ainsi conçu. »
Nous répondrons : la portion ainsi isolée n’est qu’un pur néant, comme il a été montré plus haut, et le néant n’est pas l’effet d’un agent.
Le nœud de la question est le suivant : les entités, en tant qu’entités, sont soit existence, soit inexistence. Si elles relèvent de l’existence, elles proviennent de l’action du Façonneur ; si elles relèvent du néant, celui-ci, comme son nom l’indique, n’a aucun lien avec l’action du Façonneur (3).
Section
- Quant à son affirmation selon laquelle Abraham – sur lui la paix – se serait appuyé, pour démontrer l’existence du Créateur, sur des preuves astronomiques telles qu’il les a exposées, nous disons : il est vraiment étonnant que vous mentionniez l’Ami du Tout-Miséricordieux dans un tel contexte, lui qui fut le plus farouche ennemi des adorateurs des astres et des idoles façonnées à leur image. Ce sont précisément ces gens-là qui le jetèrent dans le feu, qu’Allah rendit pour lui fraîcheur et salut, et nul parmi les créatures n’est plus innocent d’eux que lui, sur lui la paix.