Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

On pourra objecter : « Si l’on supposait l’inexistence du Façonneur, le fait même qu’elles soient des essences ne s’abolirait pas ; or, si leur qualité d’essences provenait de Son opération, cette qualité devrait disparaître sitôt qu’on poserait Son retrait. »

Nous répondons : Que désignes-tu exactement par « être des essences, des quiddités » ? Entends-tu par là leur réalité dans le monde extérieur, leur présence dans l’esprit, ou quelque chose de plus englobant ?

Si tu vises le premier cas, il ne fait aucun doute que, dans l’hypothèse de la disparition du Façonneur, elles cesseraient d’être des essences et des quiddités.

Si tu vises le second, sache que les représentations mentales relèvent aussi de Son acte : c’est Lui qui a enseigné, faisant naître les réalités intelligibles dans la science, tout comme c’est Lui qui a créé, faisant paraître les réalités sensibles aux yeux. Il est le Très-Généreux qui a créé puis instruit ; ce qui est dans l’esprit vient de Son enseignement, ce qui est hors de l’esprit vient de Sa création.

Si, enfin, tu entends par là l’élément commun au dehors et au dedans – le simple fait d’être des essences ou des quiddités abstraitement, sans référence ni au mental ni à l’extérieur –, nous te dirons : cela n’est rien du tout. Une chose n’est « quelque chose » qu’en tant qu’elle existe soit au dehors, soit dans l’esprit et la connaissance ; ce qui ne possède ni réalité extérieure ni réalité mentale n’est rien, c’est une pure inexistence. Or, le néant, assurément, n’est ni l’œuvre d’un agent ni l’effet d’un Façonneur.

On pourrait encore répliquer : « Ces essences ne se séparent jamais de l’un des deux modes d’être – mental ou extérieur – ; seulement, nous les avons considérées dépouillées de ces deux modes, les envisageant sous ce seul aspect, puis nous avons porté sur elles un jugement en faisant abstraction de toute attribution à l’esprit ou au monde. »

(1) (ṭ) : «ʿalā taqdîr» (sur l’hypothèse).
فإن قيل: لو قُدِّر عدمُ الجاعل لها لم يرتفع كونُها ذواتٍ، ولو كانت ذواتٍ بجَعْلِه لارتفع كونُها ذواتٍ بتقدير ارتفاعه. قيل: ما تعني بكونها ذواتٍ وماهيَّات؟ أتعني به تحقُّقَ ذلك في الخارج؟ أو في الذِّهن؟ أو أعمَّ منها؟ فإن عنيتَ الأول، فلا ريب في بطلان كونها ذواتٍ وماهيَّات، وعلى تقدير (١) ارتفاع الجاعل. وإن عنيتَ الثَّاني، فالصُّورُ الذِّهنيةُ مجعولةٌ له أيضًا؛ لأنه هو الذي علَّم فأوجَد الحقائق الذِّهنية في العلم، كما أنه الذي خلقَ فأوجَد الحقائقَ الذهنية في العَيْن، فهو الأكرمُ الذي خلق وعلَّم، فما في الذهن بتعليمه، وما في الخارج بخلقه. وإن عنيتَ القَدْرَ المشتركَ بين الخارج والذِّهن، وهو مسمَّى كونها ذواتٍ وماهيَّاتٍ بقطع النظر عن تقييدٍ بالذِّهن أو الخارج، قيل لك: هذه ليست بشيءٍ البتة، فإنَّ الشيء إنما يكون شيئًا في الخارج أو في الذِّهن والعلم، وما ليس له حقيقةٌ خارجيةٌ ولا ذهنيةٌ فليس بشيء، بل هو عدمٌ صِرْف، ولا ريب أنَّ العدمَ ليس بفعلِ فاعلٍ ولا جَعْلِ جاعل. فإن قيل: هي لا تنفكُّ عن أحد الوجودَين، إمَّا الذِّهني , وإمَّا الخارجي، ولكن نحن أخذناها مجرَّدةً عن الوجودَين، ونظرنا إليها من هذه الحيثيَّة وهذا الاعتبار، ثمَّ حَكمنا عليها بقطع النظر عن تقييدها بذهنٍ أو خارج.
(١) (ط): «على تقدير».

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies