et pour la vérité ; car le seul fait qu’Il l’ait fait exister est, en soi, une vérité, un témoignage parmi les témoignages du Vrai. Or la vérité la plus digne d’être reconnue est l’unicité – tawḥîd –, tout comme la plus sombre des injustices est l’association – shirk.
Toutes les créatures du Seigneur – exalté soit-Il – attestent qu’Il est Allah, qu’il n’est de divinité que Lui et que tout ce qui est adoré en dehors de Lui est vain. Chacune d’elles rend ce témoignage, soit par une parole explicite, soit par l’éloquence de son état, même si ses actes ou ses propos semblent exprimer le contraire : tel est le polythéiste dont la simple condition de créé, de façonné et d’ordonné par son Créateur et Initiateur proclame qu’Allah est l’Unique sans associé. Quand bien même il vouerait son culte à un autre et prétendrait qu’Il a un pair, le témoignage de son état le dément et ruine la valeur de ses actes et de ses paroles.
Quant à son affirmation (1) : « Il n’est pas possible de dire que l’intention serait qu’Il les a créées de manière à pouvoir, par elles, inférer l’existence de l’Artisan sage… », et tout ce qui s’ensuit,
on lui répond : si leur indication du Créateur est une réalité inhérente à leur essence, et si ces essences n’ont vu le jour que par Son vouloir et Sa formation, alors leur capacité d’indiquer procède forcément de l’acte de l’Auteur qui a choisi de les produire.
Mais cette position repose chez lui sur un principe vicié qu’il répète inlassablement dans ses écrits : les essences, soutient-il, ne seraient pas créées et n’auraient aucun lien avec l’acte de l’Auteur (2). Les gens de science et de foi l’ont pourtant dénoncé, affirmant que le fait même qu’elles soient des essences, leur existence, leurs attributs et tout ce qu’on leur rapporte relèvent de l’action du Créateur. Leur qualité d’essences, et, partant, la fonction qu’elles remplissent en indiquant le Créateur, tout cela provient de l’œuvre du Façonneur : c’est Lui qui a institué essences et attributs. Que cette indication soit pour elles naturelle n’exclut nullement qu’elle résulte du façonnement du Façonneur ; car, lorsqu’Il les a constituées dotées de cette propriété qui implique nécessairement qu’elles Le désignent, leur aptitude à Le manifester vient, elle aussi, de Son acte.