Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Le propos porte maintenant sur son affirmation suivante : « L’argument qui conclut de l’apparition de la vie dans la structure de l’animal à l’existence du Créateur est plus probant que celui qui se fonde sur l’agencement des corps célestes. » Or cette assertion repose intégralement sur ce principe vicié.

Quant au fait qu’il s’appuie sur la parole du Très-Haut : « Nous n’avons pas créé le ciel, la terre et ce qui se trouve entre eux en vain » (Sâd, 38 : 27), c’est là quelque chose de plus qu’étonnant ! Ce verset constitue, en effet, l’une des preuves les plus fortes et les plus explicites de la fausseté de la doctrine des astrologues et des matérialistes (dahriyya) qui attribuent tout ce que le monde comporte de bien et de mal aux étoiles, à leurs mouvements et à leurs conjonctions. Ils prétendent même que le bien et le mal qu’elles produisent rendent inutile l’enseignement (1) des envoyés et des prophètes, tout comme les instants fastes et néfastes qu’elles octroient.

C’est précisément pour réfuter cette prétention que nous avons engagé la discussion avec eux, lorsque nous avons rapporté leur parole (2) : puisque les existants du monde sublunaire sont ordonnés (3) par l’influence des planètes et des entités spirituelles qui gouvernent celles-ci, et puisque (4) leurs conjonctions comportent tantôt des influences bénéfiques, tantôt funestes, il s’ensuit nécessairement que leurs effets présentent beauté et laideur, tant dans la constitution physique que dans les mœurs. Or les intellects humains appartiennent tous à une même espèce ; il devrait donc suffire à tout esprit sain d’en saisir la réalité, sans qu’il soit besoin de recourir à quelqu’un qui ne serait, au fond, qu’un homme de la même espèce qu’eux : « Ce n’est qu’un mortel comme vous qui veut prendre l’ascendant sur vous. »

(1) Les manuscrits Q et T portent «wa-sh-sharr faʿan taʿrif», une corruption manifeste. (2) Cf. supra, p. 1002 et 1173. (3) Aux deux passages déjà cités, on lit «murakkaba» ; dans Nihayat al-Aqdam, la leçon est «murattaba». (4) Les autographes donnent «wa-in kana» ; nous avons retenu la leçon relevée plus haut, p. 1002.
والمقصودُ الكلام على قوله: «إنَّ الاستدلال بحصول الحياة في بِنْية الحيوان على وجود الصَّانع أقوى من دلالة تركيب الأجرام الفلَكيَّة»، وهو مبنيٌّ على هذا الأصل الفاسد. * وأمَّا استدلاله بقوله تعالى: ﴿وَمَا خَلَقْنَا السَّمَاءَ وَالْأَرْضَ وَمَا بَيْنَهُمَا بَاطِلًا﴾ [ص: ٢٧]، فعجبٌ من العجب! فإنَّ هذا من أقوى الأدلة وأبينها على بطلان قول المنجِّمين والدَّهرية الذين يُسْنِدُون جميعَ ما في العالم من الخير والشرِّ إلى النجوم وحركاتها واتصالاتها، ويزعمون أنَّ ما تأتي به من الخير والشرِّ مُغْنٍ عن تعريف (١) الرسل والأنبياء، وكذلك ما تُعطيه من السُّعود والنُّحوس. وهذا هو السَّببُ الذي سُقْنا الكلام لأجله معهم لمَّا حكينا قولَهم (٢): إنه لمَّا كانت الموجوداتُ في العالم السُّفليِّ مترتِّبةً (٣) على تأثير الكواكب والرُّوحانيَّات التي هي مدبِّراتُ الكواكب، وكان (٤) في اتصالاتها نَظَرُ سعدٍ ونحس، وَجَبَ أن يكون في آثارها حُسْنٌ وقُبحٌ في الخَلق والأخلاق، والعقولُ الإنسانيةُ متساويةٌ في النوع، فوجبَ أن يدركها كلُّ عقلٍ سليم، ولا يتوقَّفُ إدراكُها على من هو مثلُ ذاك العاقل في النوع، ﴿مَا هَذَا إِلَّا بَشَرٌ مِثْلُكُمْ يُرِيدُ أَنْ يَتَفَضَّلَ عَلَيْكُمْ﴾.
(١) (ق، ت): «والشر فعن تعريف». وهو تحريفٌ قبيح. (٢) فيما تقدم (ص: ١٠٠٢، ١١٧٣). (٣) في الموضعين المتقدمين: «مركبة». وفي «نهاية الأقدام»: «مرتبة». (٤) في الأصول: «وإن كان». والمثبت من الموضع المتقدم (ص: ١٠٠٢).

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