Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Quant aux grands imams de l’islam et aux maîtres parmi les dialecticiens, ils ne se sont jamais appuyés sur une telle méthode ; à leurs yeux, elle est trop fragile et trop chancelante pour qu’on y fonde la moindre partie de la religion, et a fortiori pour prouver la création du monde ou la reconstitution des corps. Ils se sont plutôt référés aux voies qu’Allah — exalté soit-Il — a indiquées dans Son Livre : la venue même à l’existence de l’animal et de la plante, la formation de l’univers céleste et terrestre, l’apparition de la nuée, de la pluie, des vents et des autres corps dont on constate la survenue dans leur propre substance, et non la seule combinaison ou organisation de leurs parties (1).

Pour les partisans de l’atomisme, on n’observe jamais qu’Allah ait fait surgir dans ce monde quoi que ce soit de ces atomes ; Il se serait borné à les assembler et à les structurer, leur création proprement dite ayant eu lieu, affirment-ils, antérieurement. À présent, disent-ils, ne surviennent plus que des accidents — agrégation, séparation, mouvement et repos — qu’ils appellent les « akwân » (états). Il en irait de même pour la résurrection : le Très-Haut commencerait par disloquer les éléments du monde — ce qui équivaut pour eux à l’anéantir —, puis Il les regrouperait et les réunirait, et ce serait là la résurrection.

Ces auteurs ont donc dû établir que l’essence même de l’être humain et les atomes qui la composent sont créés, car ce que la perception sensible saisit constamment chez eux (2) n’est, selon eux, que l’apparition d’accidents dans ces atomes issus d’une composition particulière (3). Ils prétendent que, chaque fois qu’Allah fait advenir un nuage, une pluie, des cultures, des fruits ou un animal, Il n’y fait qu’instaurer des accidents : rassembler des atomes déjà existants ou les disperser. Ils affirment encore que nul ne peut constater, ni par l’observation directe ni par une évidence rationnelle, la création d’un être dans son entité même ; celle-ci, disent-ils, ne peut être connue que

(1) Voir : Naqd at-Ta’sis, t. 1, p. 176 ; Dar’ at-Ta‘ârud, t. 7, p. 302-311. (2) Les manuscrits de base donnent « wa innama » ; la leçon retenue provient de l’édition (T). (3) Les manuscrits de base donnent « al-khâlis » ; la leçon adoptée paraît plus vraisemblable.
وأمَّا أئمةُ الإسلام وفحولُ النظَّار، فلم يعتمدوا على هذه الطريقة، وهي عندهم أضعفُ وأوهى من أن يبنوا عليها شيئًا من الدين، فضلًا عن حدوث العالم وإعادة الأجسام، وإنما اعتمدوا على الطرق التي أرشدَ اللهُ سبحانه إليها في كتابه، وهي حدوثُ ذاتِ الحيوان والنبات، وخَلْقُ نفس العالم العُلويِّ والسُّفلي، وحدوثُ السَّحاب والمطر والرياح وغيرها من الأجسام التي يُشَاهَدُ حدوثُها بذواتها لا مجرَّدُ حدوث تأليفها وتركيبها (١). فعند القائلين بالجوهر لا يُشْهَدُ أنَّ الله أحدثَ في هذا العالم شيئًا من الجواهر، وإنما أحدثَ تأليفَها وتركيبَها فقط، وإن كان إحداثُه لجواهره سابقًا متقدِّمًا قبل ذلك، وأمَّا الآن فإنما تحدُث الأعراض من الاجتماع والافتراق والحركة والسكون فقط وهي الأكوانُ عندهم، وكذلك المَعاد؛ فإنه سبحانه يفرِّقُ أجزاءَ العالم، وهو إعدامُه، ثمَّ يؤلِّفها ويجمعُها، وهو المَعاد. وهؤلاء احتاجوا إلى أن يستدلُّوا على كون عَينِ الإنسان وجواهره مخلوقة، إذ المُشاهَدُ عندهم بالحِسِّ دائمًا (٢) هو حدوثُ أعراضٍ في تلك الجواهر من التأليف الخاصِّ (٣)، وزعموا أنَّ كلَّ ما يُحْدِثُه الله من السَّحاب والمطر والزُّروع والثمار والحيوان فإنما يُحْدِثُ فيه أعراضًا، وهي جمعُ الجواهر التي كانت موجودةً وتفريقُها، وزعموا أنَّ أحدًا لا يعلمُ حدوثَ عينٍ من الأعيان بالمشاهَدة ولا بضرورة العقل، وإنما يُعْلَمُ ذلك
(١) انظر: «نقض التأسيس» (١/ ١٧٦)، و «درء التعارض» (٧/ ٣٠٢ - ٣١١). (٢) في الأصول: «وانما». والمثبت من (ط). (٣) في الأصول: «الخالص». والمثبت أشبه.

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