l’admission de l’atome indivisible (3), et la réduction de l’intervention du Créateur – exalté soit-Il –, dans la réalisation des mondes supérieur et inférieur, à la seule combinaison de ces particules et à leur organisation selon une configuration déterminée. Or l’opération même de composer, en tant que telle, relève de la capacité des hommes et d’autres créatures, tandis que faire surgir de rien et inventer n’appartient qu’à Allah (1).
Soutenir la thèse de l’atome indivisible et fonder sur elle la doctrine de l’origine et de la résurrection fait donc partie des principes corrompus des théologiens spéculatifs, principes que la plupart des esprits rationnels leur ont contestés. Selon eux, en effet, lorsque Dieu – qu’Il soit exalté – crée et fait advenir les corps de l’univers, Il en fait apparaître les parties et les essences mêmes, et ne se contente pas d’assembler des atomes isolés qu’Il aurait déjà terminés de créer ; Son acte et Sa création, à l’instant présent, ne concerneraient, affirment-ils, que leur composition et leur agencement.
Il s’agit là d’une des innovations doctrinales introduites dans l’islam (2). Sur cette base, ils ont bâti la question de la résurrection et de la survenue du monde, offrant ainsi aux ennemis de l’islam une arme qu’ils furent incapables de briser : ayant édifié l’origine et le retour sur un fondement illusoire et chimérique, ils se sont imaginé qu’il était impossible d’établir la création du monde et la reconstitution des corps sans cette hypothèse. Leurs contradicteurs ont alors avancé d’innombrables arguments contre la théorie de l’atome, dont beaucoup furent eux-mêmes contraints de reconnaître la force et la validité ; il en est résulté, pour nombre d’entre eux, un doute profond quant à l’origine et au retour, car ils les avaient bâtis « au bord d’un talus croulant » (3).