Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

, la terre, le soleil, la lune, la nuit, le jour, les étoiles, les montagnes, les nuages (1) et la pluie, ainsi que bien d’autres signes de Sa puissance. Jamais Il n’invite Ses serviteurs à méditer la lente, la puce, le moustique, la punaise, le chien, les insectes et assimilés ; s’Il en parle, c’est uniquement pour frapper les esprits par des exemples qui accentuent leur insignifiance et leur faiblesse. Ainsi déclare-t-Il : « Ceux que vous invoquez en dehors d’Allah ne sauraient créer ne fût-ce qu’une mouche, quand bien même ils s’uniraient pour cela ; et si la mouche leur enlève quelque chose, ils seraient incapables de le lui reprendre. » (Al-Hajj : 73). Ici, la mouche n’est donc pas évoquée pour prouver l’existence du Créateur (2).

De même : « Allah ne rougit pas de proposer en parabole, fût-ce un moustique ou même quelque chose de plus infime encore » (Al-Baqarah : 26) ; ou encore : « L’exemple de ceux qui se sont donné des protecteurs en dehors d’Allah est celui de l’araignée qui s’est bâti une demeure ; or la demeure la plus fragile est assurément celle de l’araignée » (Al-ʿAnkabût : 41).

Réfléchis donc au contexte dans lequel sont citées ces créatures dérisoires, et au contexte dans lequel sont évoquées les grandes créations.

Quant à l’affirmation de certains théologiens spéculatifs, selon laquelle le fait même que la vie anime les organismes serait une preuve plus forte de l’existence du Créateur – exalté soit-Il – que ne le sont les cieux et la terre, elle repose sur une prémisse corrompue : l’admission de l’atome indivisible (3),

(1) Le manuscrit siglé (ق) porte la variante : « ainsi que les arbres ». (2) Sur la marge du manuscrit (ت) figure une note – mal lisible sur le cliché – signalant que le verset contient une indication en faveur de l’existence du Créateur. (3) Il s’agit de la « particule indivisible », c’est-à-dire l’unité spatiale qui peut recevoir des accidents. Voir : Al-Juwayni, Lumac al-adillah, p. 87 ; Al-Hudud al-aniqa, p. 71 ; Fakhr al-Din al-Razi wa araʾuhu al-kalamiyya, p. 419.
والأرض والشمس والقمر والليل والنهار والنجوم والجبال والسَّحاب (١) والمطر، وغير ذلك من آياته، ولا يدعو عبادَه إلى التفكُّر في القمل والبراغيث والبعوض والبقِّ والكلاب والحشرات ونحوها، وإنما يذكُر ما يذكُر من ذلك في سياق ضرب الأمثال، مبالغةً في الاحتقار والضَّعف؛ كقوله: ﴿إِنَّ الَّذِينَ تَدْعُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ لَنْ يَخْلُقُوا ذُبَابًا وَلَوِ اجْتَمَعُوا لَهُ وَإِنْ يَسْلُبْهُمُ الذُّبَابُ شَيْئًا لَا يَسْتَنْقِذُوهُ مِنْهُ﴾ [الحج: ٧٣]، فهنا لم يذكُر الذُّباب في سياق الدَّلالة على إثبات الصَّانع تعالى (٢)، وكذلك قوله: ﴿إِنَّ اللَّهَ لَا يَسْتَحْيِي أَنْ يَضْرِبَ مَثَلًا مَا بَعُوضَةً فَمَا فَوْقَهَا﴾ [البقرة: ٢٦]، وكذلك قوله: ﴿مَثَلُ الَّذِينَ اتَّخَذُوا مِنْ دُونِ اللَّهِ أَوْلِيَاءَ كَمَثَلِ الْعَنْكَبُوتِ اتَّخَذَتْ بَيْتًا وَإِنَّ أَوْهَنَ الْبُيُوتِ لَبَيْتُ الْعَنْكَبُوتِ﴾ [العنكبوت: ٤١]. فتأمَّل ذِكرَ هذه المخلوقات الحقيرة في أيِّ سياق، وذِكرَ المخلوقات العظيمة في أيِّ سياق. وأمَّا قولُ من قال من المتكلِّمين المتكلِّفين: إنَّ دلالةَ حصول الحياة في الأبدان الحيوانيَّة أقوى من دلالة السموات والأرض على وجود الصَّانع تعالى= فبناءٌ من هذا القائل على الأصل الفاسد، وهو إثباتُ الجوهر الفَرد (٣)، وأنَّ تأثيرَ الصَّانع تعالى في خَلْق العالم العُلويِّ والسُّفليِّ هو
(١) (ق): «والشجر». (٢) في طرة (ت) هنا تعليقٌ لم يظهر جيدًا، بسبب التصوير، وفحواه أن في الآية إشارة إلى إثبات الصانع. (٣) وهو الجزء الذي لا يتجزأ، والمتحيِّز الذي يقبل العَرض. انظر: «لمع الأدلة» للجويني (٨٧)، و «الحدود الأنيقة» (٧١)، و «فخر الدين الرازي وآراؤه الكلامية» (٤١٩).

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