Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de Noé ; il fut le premier des deux polythéismes (1) à avoir pénétré le monde ; son pouvoir de séduction est plus étendu, et ceux qu’il met à l’épreuve sont plus nombreux : ils constituent la grande majorité des associationnistes.
Il arrive fréquemment que ces deux causes se conjuguent chez un même idolâtre : celui-ci devient à la fois adorateur des tombes et dévot des astres.
À propos du peuple de Noé, le Très-Haut dit : « Et ils dirent : “N’abandonnez jamais vos divinités ; n’abandonnez ni Wadd, ni Suwâʿ, ni Yaghûth, ni Yaʿûq, ni Nasr.” » (Noûh : 23).
Al-Bukhârî rapporte dans son Ṣaḥîḥ (2) qu’Ibn ʿAbbâs — qu’Allah les agrée — a déclaré : « Ces noms désignaient des hommes vertueux du peuple de Noé. Lorsqu’ils moururent, le diable inspira à leur communauté d’ériger, aux endroits où ils avaient l’habitude de s’asseoir, des statues portant leurs noms ; ils s’exécutèrent, mais on ne les adora pas encore. Ce ne fut qu’à la disparition de cette génération et quand la science eut été oubliée qu’on se mit à les adorer. »
C’est pour cette raison que le Prophète ﷺ a maudit ceux qui ont fait des tombes de leurs prophètes des lieux de prière (3)
; il a interdit de prier en direction des sépultures (4),
Et il a dit : « Ô Allah, ne fais pas de ma tombe une idole adorée » (5).

(1) Les manuscrits T et S lisent : « shirk » (polythéisme). (2) Hadith n° 4920. (3) Rapporté par al-Bukhari (435 ; 1330 ; 1390) et Muslim (529 ; 530) d’après Aicha, Ibn Abbas et Abu Hurayra — qu’Allah les agrée. (4) Rapporté par Muslim (972) d’après Abu Marthad al-Ghanawi. (5) Malik le rapporte dans le Muwatta (475) avec une chaîne mursal : Zayd b. Aslam, puis Ata b. Yasar. Muammar et Ibn Ujlan l’ont également transmis mursal de Zayd b. Aslam ; ces deux versions se trouvent chez Abd al-Razzaq (1/406) et Ibn Abi Shayba (2/375 ; 3/345). Le faible Umar b. Muhammad b. Suhban a contredit ce schéma en le rapportant, depuis Zayd b. Aslam, d’Ata b. Yasar, d’Abu Saïd, comme un hadith marfuʿ ; al-Bazzar l’a repris (cf. al-Tamhid, 5/43). Cette version est incontestablement munkar ; la forme authentiquement conservée de cette voie est le mursal, et al-Bazzar précise même qu’on ne connaît ce hadith du Prophète — paix et salut sur lui — que sous cette forme. Voir : Fath al-Bari d’Ibn Rajab (3/246). Un isnad complet existe aussi depuis Abu Hurayra, consigné par Ahmad (2/46), Abu Yaʿla (6681), al-Bukhari dans al-Tarikh al-Kabir (3/47), etc., avec une chaîne apparemment hasan, mais al-Bazzar et Abu Nuaym (Hilyat al-Awliya, 7/317) ont douté de son caractère solitaire. Cf. Tarikh ʿUthman b. Saïd al-Darimi (271). Il est encore rapporté avec une chaîne complète depuis ʿUmar, mais la version correcte est mawquf ; voir : ʿIlal al-Darqutni (2/220).
نوح، وهو أولُ الشِّركين (١) طَرَق العالم، وفتنتُه أعمُّ، وأهلُ الابتلاء به أكثر، وهم جمهورُ أهل الإشراك. وكثيرًا ما يجتمعُ السَّببان في حقِّ المشرك، يكونُ مَقابِريًّا نُجوميًّا. قال تعالى عن قوم نوح: ﴿وَقَالُوا لَا تَذَرُنَّ آلِهَتَكُمْ وَلَا تَذَرُنَّ وَدًّا وَلَا سُوَاعًا وَلَا يَغُوثَ وَيَعُوقَ وَنَسْرًا﴾ [نوح: ٢٣]. قال البخاري في «صحيحه» (٢): قال ابن عباس ﵄: «كان هؤلاء رجالًا صالحين من قوم نوح، فلمَّا هلَكوا أوحى الشياطينُ إلى قومهم أن انصِبُوا إلى مجالسهم التي كانوا يجلسون أنصابًا، وسمُّوها بأسمائهم، ففَعلوا، فلم تُعْبَد، حتى إذا هلَك أولئك ونُسِخَ العلمُ عُبِدَت». ولهذا لعن النبيُّ ﷺ الذين اتخذوا قبورَ أنبيائهم مساجد (٣). ونهى عن الصَّلاة إلى القبور (٤). وقال: «اللهمَّ لا تجعَل قبري وثنًا يُعْبَد» (٥).
(١) (ت، ص): «شرك». (٢) (٤٩٢٠). (٣) أخرجه البخاري (٤٣٥، ١٣٣٠، ١٣٩٠) ومسلم (٥٢٩، ٥٣٠) من حديث عائشة وابن عباس وأبي هريرة ﵃. (٤) أخرجه مسلم (٩٧٢) من حديث أبي مرثد الغنوي. (٥) أخرجه مالك في «الموطأ» (٤٧٥) عن زيد بن أسلم، عن عطاء بن يسار مرسلًا. ورواه معمر وابن عجلان عن زيد بن أسلم مرسلًا. أخرجهما عبد الرزاق (١/ ٤٠٦) وابن أبي شيبة (٢/ ٣٧٥، ٣/ ٣٤٥). وخالفهم عمر بن محمد بن صهبان (وهو ضعيف)، فرواه عن زيد بن أسلم عن عطاء بن يسار عن أبي سعيد مرفوعًا، أخرجه البزار ــ كما في «التمهيد» (٥/ ٤٣) ــ. وهو منكرٌ بلا ريب، والمحفوظ من هذا الوجه الإرسال، بل قال البزار: إنه لا يحفظ عن النبي ﷺ إلا من هذا الوجه مرسلًا. وانظر: «فتح الباري» لابن رجب (٣/ ٢٤٦). وروي موصولا من حديث أبي هريرة. أخرجه أحمد (٢/ ٤٦)، وأبو يعلى (٦٦٨١)، والبخاري في «التاريخ الكبير» (٣/ ٤٧) وغيرهم بإسنادٍ ظاهرُه الحُسن، إلا أن البزار وأبا نعيم في «الحلية» (٧/ ٣١٧) ارتابا في تفرُّده. وانظر: «تاريخ عثمان بن سعيد الدارمي» (٢٧١). وروي موصولًا من حديث عمر. والصواب أنه موقوف. انظر: «علل الدارقطني» (٢/ ٢٢٠).

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