— les astrologues sabéens ?! Harrân (1) était le siège de leur royaume, et l’Ami du Miséricordieux était pour eux l’ennemi le plus acharné. Eux, les voilà les véritables polythéistes : les idoles qu’ils adoraient n’étaient que des images et des statues des astres. Ils leur construisaient des sanctuaires – c’est-à-dire des lieux de culte – et, pour chaque planète, un temple renfermait des idoles qui lui correspondaient. Leur vénération des idoles n’était en réalité qu’une exaltation des astres qu’elles représentaient, une adoration rendue à ces derniers.
Tel est le plus puissant des deux facteurs à l’origine du polythéisme répandu dans le monde : l’associationnisme lié aux astres, le fait de les magnifier et de croire qu’ils sont des êtres vivants doués de parole, pourvus d’entités spirituelles qui descendent sur ceux qui les adorent et les invoquent. On leur façonna donc des images terrestres, puis l’adoration et la glorification de ces idoles servirent de tremplin au culte des planètes elles-mêmes et à l’invocation de leurs entités spirituelles. Les démons descendaient alors auprès d’eux, leur parlaient, leur montraient des prodiges qui les poussaient à sacrifier leur personne, leurs enfants et leurs biens pour ces corps (2) et à rechercher leur proximité (3).
L’origine de ce polythéisme réside dans la vénération des astres et la conviction qu’ils apportent bonheur ou malheur et que le bien comme le mal qui surviennent dans le monde proviennent d’eux. Voilà le polythéisme de l’élite des idolâtres, de leurs penseurs, et celui du peuple d’Abraham.
Le second facteur est le culte des tombes et l’associationnisme voué aux défunts ; c’est le polythéisme du peuple