Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

C’est pourquoi les mois du pèlerinage, du jeûne, des deux fêtes et, plus largement, toutes les saisons du culte islamique sont réglés sur le calendrier lunaire : ils se fondent sur la course de la lune et sur son passage par ses stations, non sur la marche du soleil. Tel est un acte de sagesse divine, de miséricorde et de sauvegarde pour Sa religion ; car tous les hommes partagent ce mode de calcul, où l’erreur est presque impossible, si bien qu’aucune divergence ni confusion n’entache la religion, contrairement à ce qui a entaché la foi des Gens du Livre (1).

Voilà donc ce qu’Allah — exalté soit-Il — nous a enseigné au sujet des stations et du mouvement de la lune, de même qu’Il a fait du soleil une lampe éclatante dont la clarté permet aux êtres vivants de voir (2) ; sans cette lumière, aucune créature ne verrait. Qu’ont donc à faire ces réalités avec les prétentions des imposteurs à un « savoir des jugements » dont le mensonge dépasse de beaucoup la part de vérité ?

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Quant à l’affirmation selon laquelle Abraham, l’Ami du Miséricordieux, se serait appuyé sur la science des astres lorsqu’il déclara : « Je suis malade », c’est un pur mensonge et une calomnie contre l’Ami du Miséricordieux, sur lui la paix. Le verset n’énonce rien de plus qu’un regard jeté aux astres, suivi de cette parole : « Je suis malade. » Croire, à partir de là, que l’astrologie judiciaire ferait partie du savoir des prophètes, qu’ils l’observaient et s’y adonnaient, revient à les diffamer et à leur attribuer ce qui ne leur sied point. C’est du même ordre que de les accuser de divination ou de magie, et de prétendre que leur accès à l’invisible s’obtient comme celui des autres — quand bien même les prophètes les surpasseraient de par la perfection de leurs âmes, la force de leur disposition et leur aptitude à recevoir les effusions des réalités supérieures.

(1) Voir : Ayman al-Qur'an, p. 252. (2) Les manuscrits T et S lisent : « yubsiruhu al-hayawan » (les animaux le perçoivent).
ولهذا كانت أشهرُ الحجِّ والصَّوم والأعياد ومواسم الإسلام إنما هي على حساب القمر وسَيْره ونزوله في منازله، لا على حساب الشمس وسَيْرها؛ حكمةً من الله ورحمةً وحفظًا لدينه؛ لاشتراك الناس في هذا الحساب، وتعذُّر الغلط والخطأ فيه، فلا يدخلُ في الدِّين من الاختلاف والتخليط ما دخلَ في دين أهل الكتاب (١). فهذا الذي أخبرنا تعالى به مِن شأن المنازل وسَيْر القمر فيها، وجَعْل الشَّمس سراجًا وضياءً يُبْصِرُ به الحيوان (٢)، ولولا ذلك لم يُبْصِر الحيوان، فأين هذا مما يدَّعيه الكذَّابون من علم الأحكام التي كذبُها أضعافُ صدقها؟! فصل * وأمَّا ما ذكره عن إبراهيم خليل الرحمن أنه تمسَّك بعلم النجوم حين قال: ﴿إِنِّي سَقِيمٌ﴾، فمن الكذب والافتراء على خليل الرحمن ﷺ، فإنه ليس في الآية أكثر من أنه نظَر نظرةً في النجوم، ثم قال لهم: ﴿إِنِّي سَقِيمٌ﴾، فمن ظنَّ مِن هذا أنَّ علمَ أحكام النجوم مِن علم الأنبياء، وأنهم كانوا يُراعونه ويُعانُونه، فقد كذَب على الأنبياء، ونسَبَهم إلى ما لا يليقُ بهم، وهو مِن جنس من نسَبَهم إلى الكهانة والسِّحر، وزعَم أن تلقِّيهم الغيبَ من جنس تلقِّي غيرهم، وإن كانوا فوقهم في ذلك، لكمال نفوسهم وقوَّة استعدادها وقبولها لفيض العُلويَّات عليها.
(١) انظر: «أيمان القرآن» (٢٥٢). (٢) (ت، ص): «يبصره الحيوان».

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