Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ainsi, ce jour-là leur fut funeste parce que le châtiment s’abattit sur eux ; [« mustamirrun »] (1), c’est-à-dire : il ne se lève pas d’eux comme se lèvent les afflictions de ce bas monde de ceux qui les subissent. Bien au contraire, ce mauvais augure demeure de façon permanente sur ces négateurs des messagers. Le terme « mustamirrun » qualifie donc le nahs (le malheur), et non le jour. Quant à celui qui pense qu’il décrit le jour, que celui-ci serait un mercredi de fin de mois et qu’à jamais ce jour serait néfaste (2), il se trompe et méconnaît le sens du Coran : le jour n’est qualifié qu’en fonction de ce qui s’y produit. Combien de bienfaits Allah a accordés, ce même jour, à Ses alliés, alors qu’Il y infligeait épreuves et châtiments à Ses ennemis ! Il en est ainsi pour d’autres jours encore (3).

Le bonheur ou le malheur des jours dépend en réalité du bonheur des œuvres, lorsqu’elles concordent avec la satisfaction du Seigneur, ou du malheur des œuvres, lorsqu’elles s’opposent à ce qu’ont apporté les messagers. Un même jour peut donc être un jour heureux pour un groupe et un jour funeste pour un autre ; ainsi, le jour de Badr fut un jour de bonheur pour les croyants et de malheur pour les mécréants.

Que viennent donc faire l’astre, l’ascendant ou les conjonctions planétaires dans cette question de bonheur et de malheur ?! Comment prétendre en tirer une science des jugements astrologiques ?! Si l’astre ou l’ascendant avait réellement le pouvoir de causer cette infortune, celle-ci frapperait l’ensemble du monde ; que l’on prétende qu’un même astre rende un jour funeste pour une partie des gens et heureux pour une autre est tout simplement impossible.

(1) Cette expression n’apparaît pas dans les manuscrits de base ; le contexte l’exige. (2) Comme on le trouve dans un ḥadith fabriqué ; cf. Ibn al-Jawzī, al-Mawḍūʿāt, n° 917 ; Ibn Rajab, Laṭāʾif al-maʿārif, p. 148 ; al-Albānī, al-Silsila al-ḍaʿīfa, n° 1581. (3) Voir : Ibn ʿAṭiyya, al-Muḥarrar al-wajīz, 14/155 ; Ibn ʿĀshūr, al-Taḥrīr wa-t-tanwīr, 24/260 ; Alūsī, Rūḥ al-maʿānī, 14/84, 86 ; Bakr Abū Zayd, Muʿjam al-manāhī al-lafẓiyya, p. 346.
فكان اليومُ نَحْسًا عليهم لإرسال العذاب عليهم، [﴿مُسْتَمِرٌّ﴾] (١) , أي: لا يُقْلِعُ عنهم كما تُقْلِعُ مصائبُ الدُّنيا عن أهلها، بل هذا النَّحْسُ دائمٌ على هؤلاء المكذِّبين للرسل، و ﴿مُسْتَمِرٌّ﴾ صفةٌ للنَّحْس، لا لليوم، ومن ظنَّ أنه صفةٌ لليوم وأنه كان يومَ أربعاء آخرَ الشَّهر، وأنَّ هذا اليومَ نحسٌ أبدًا (٢)، فقد غَلِطَ وأخطأ فهمَ القرآن، فإنَّ اليومَ المذكور بحسب ما يقعُ فيه، وكم لله من نعمةٍ على أوليائه في هذا اليوم، وإن كان له فيه بلايا ونِقَمٌ على أعدائه، كما يقعُ ذلك في غيره من الأيام (٣). فسُعودُ الأيام ونحوسُها إنما هو بسُعود الأعمال وموافقتها لمرضاة الربِّ، ونُحوس الأعمال ومخالفتها لما جاءت به الرسل. واليومُ الواحدُ يكونُ يوم سَعْدٍ لطائفة، ونحسٍ لطائفة، كما كان يومُ بدرٍ يومَ سعدٍ للمؤمنين، ويومَ نحسٍ على الكافرين. فما للكوكب والطالع والقِرانات وهذا السَّعْد والنَّحْس؟! وكيف يُستنبَطُ علمُ أحكام النجوم من ذلك؟! ولو كان المؤثِّر في هذا النَّحْس هو نفسَ الكوكب والطالع لكان نحسًا على العالم، فأمَّا أن يقتضي الكوكبُ كونَه نحسًا لطائفةٍ سعدًا لطائفةٍ فهذا هو المُحال.
(١) ليست في الأصول. ويقتضيها السياق. (٢) كما وقع في حديثٍ موضوع. انظر: «الموضوعات» لابن الجوزي (٩١٧)، و «لطائف المعارف» لابن رجب (١٤٨)، و «السلسلة الضعيفة» (١٥٨١). (٣) انظر: «المحرر الوجيز» (١٤/ ١٥٥)، و «التحرير والتنوير» (٢٤/ ٢٦٠)، و «روح المعاني» (١٤/ ٨٤، ٨٦)، و «معجم المناهي اللفظية» (٣٤٦).

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