Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

un vent mugissant dans des jours néfastes » [41 : 16], il ne fait donc aucun doute que les jours où Allah, exalté soit-Il, fit s’abattre le châtiment sur Ses ennemis et sur les ennemis de Ses messagers furent, pour eux, des jours funestes, car l’adversité les atteignit alors. Pourtant, ces mêmes jours furent des jours de faveur pour Ses alliés croyants : néfastes pour les négateurs, ils furent heureux pour les croyants. Il en va ainsi du Jour de la Résurrection : rude pour les mécréants – jour de malheur pour eux –, il sera aisé pour les croyants – jour de bonheur pour eux.

Mujâhid a dit : « “des jours néfastes” signifie des jours de mauvais présage. »

Al-Ḍaḥḥâk a expliqué : cela veut dire « intenses » (1), c’est-à-dire d’un froid si mordant que le froid même devint pour eux un châtiment.

Abû ʿAlî (2) rapporte qu’al-Aṣmaʿî, prenant nahs dans le sens de froid, a cité ce vers :
« On dirait qu’un vin clarifié a été exposé à un vent glacial ; / son souffle léger fige l’eau limpide. » (3)

Ibn ʿAbbâs a dit : « “néfastes” signifie : successifs » (4).

  • De même, Allah dit : « Nous déchaînâmes contre eux un vent mugissant, au cours d’un jour hautement néfaste et persistant » [54 : 19].
(1) Les manuscrits portent « shadid » (« intense ») aux deux occurrences ; nous avons toutefois adopté la leçon du Muharrar al-Wajiz, 13/93, dont s’inspire l’auteur. (2) Al-Farisi ; voir Lisan al-Arab et Taj al-‘Arus, art. « nahs ». (3) Ce vers est d’Amr b. Ahmar al-Bahili, dans son recueil poétique, p. 126. – salafa : le vin ; ‘uridat li nahsin : placé dans un vent frais et donc refroidi ; shafifuha : sa fraîcheur ; yuhil : verse. Sens : « Sa fraîcheur fait couler l’eau dans la gorge ; sans elle on ne boirait pas d’eau. » Explication d’al-Asma‘i. Cf. Tahdhib al-Lugha, 4/320. (4) Al-Tabari rapporte cet avis d’Ibn ‘Abbas, Mujahid et al-Dahhak, 21/446-447.
رِيحًا صَرْصَرًا فِي أَيَّامٍ نَحِسَاتٍ﴾ [فصلت: ١٦]، فلا ريب أنَّ الأيامَ التي أوقعَ اللهُ سبحانه فيها العقوبةَ بأعدائه وأعداء رسله كانت أيامًا نَحِسَاتٍ عليهم؛ لأنَّ النَّحْسَ أصابهم فيها، وإن كانت أيامَ خيرٍ لأوليائه المؤمنين، فهي نَحْسٌ على المكذِّبين سَعْدٌ للمؤمنين، وهذا كيوم القيامة، فإنه عسيرٌ على الكافرين يومُ نَحْسٍ لهم، يسيرٌ على المؤمنين يومُ سَعْدٍ لهم. قال مجاهد: ﴿أَيَّامٍ نَحِسَاتٍ﴾: مَشَائيم. وقال الضحَّاك: معناه: شديدة (١). أي: شديدةُ البرد. حتى كان البردُ عذابًا لهم. قال أبو علي (٢): وأنشدَ الأصمعيُّ في النَّحْس بمعنى البرد: كأنَّ سُلافَةً عُرِضَتْ لِنَحْسٍ ... يُحِيلُ شَفِيفُها الماءَ الزُّلالا (٣) وقال ابن عباس: ﴿نَحِسَاتٍ﴾: متتابعات (٤). * وكذلك قوله: ﴿إِنَّا أَرْسَلْنَا عَلَيْهِمْ رِيحًا صَرْصَرًا فِي يَوْمِ نَحْسٍ مُسْتَمِرٍّ﴾ [القمر: ١٩]،
(١) في الأصول: «شديد» في الموضعين. والمثبت من «المحرر الوجيز» (١٣/ ٩٣)، وهو مصدر المصنف. (٢) الفارسي. انظر: «اللسان» و «التاج» (نحس). (٣) البيت لعمرو بن أحمر الباهلي، في شعره المجموع (١٢٦). والسلافة: الخمر. وعُرِضت لنحسٍ: أي وُضِعت في ريح فبرَدت. وشفيفها: بَرْدُها. ويحيل: يَصُبّ. يقول: بردُها يَصُبُّ الماء في الحلق، ولولا بردُها لم يُشْرَب الماء. فسَّره الأصمعي. انظر: «تهذيب اللغة» (٤/ ٣٢٠). (٤) أخرج الطبريُّ قول ابن عباس ومجاهد والضحاك (٢١/ ٤٤٦، ٤٤٧).

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