Ibn Qutayba a déclaré au sujet de l’expression : « فَالْمُدَبِّرَاتِ أَمْرًا » (al-Nâziʿât, 79 : 5) : « Il s’agit des anges qui descendent avec les prescriptions du licite et de l’illicite. » (1)
Les auteurs les plus prolixes dans la transmission des propos des exégètes – Ibn al-Jawzî, al-Mâwardî et Ibn ʿAṭiyya – n’ont rapporté pour ce verset aucune autre interprétation que celle des anges (2). Ibn ʿAṭiyya va même jusqu’à dire : « Je ne connais aucun avis divergent : ce sont bien les anges. » (3) Et pourtant son recueil est d’une ampleur qui dépasse celui d’Abû l-Faraj Ibn al-Jawzî et d’autres, au point qu’il cite parfois des opinions que personne, hormis lui, ne rappelle.
Expliquer donc les « administratrices » (al-mudabbirât) par les étoiles constitue un mensonge envers Allah et envers les exégètes (4).
Il en va de même pour « les distributrices d’ordres » : aucun spécialiste authentique de l’exégèse n’a prétendu qu’il s’agissait des étoiles. Tous ont affirmé qu’il s’agit des anges qui, avec la permission de leur Seigneur, répartissent les affaires du royaume : subsistances, durées de vie, formation des créatures dans les matrices, ainsi que le commandement des vents et des montagnes.
Ibn ʿAṭiyya précise : « Tout cela n’est accompli que par des anges préposés à ces tâches ; le verset englobe donc l’ensemble des anges, chacun d’eux ayant une mission particulière. »
Abû Ṭufayl ʿÂmir b. Wâthila rapporte qu’ʿAlî — qu’Allah l’ennoblisse — se tenait un jour sur la chaire et dit : « Interrogez-moi sur tout verset du Livre d’Allah ou sur toute sunna antérieure, et je vous répondrai. » Ibn al-Kawwâ se leva alors et lui demanda l’explication de : « Par celles qui dispersent violemment (1), puis celles qui portent un fardeau (2), puis celles qui voguent avec légèreté (3), puis celles qui distribuent un ordre » (al-Dhâriyât, 51 : 1-4). ʿAlî répondit : « Celles qui dispersent sont les vents ; celles qui portent un fardeau, les nuages ; celles qui voguent avec légèreté, les navires ; et celles qui distribuent un ordre, les anges. » Puis il ajouta : « Pose ta question pour apprendre, et non