Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

– affirmation dont, disent-ils, ils furent eux-mêmes témoins oculaires.

Ces « entités spirituelles » ne sont en réalité que des démons ; ils descendent vers eux, leur adressent la parole et satisfont leurs besoins (1).

Puis, lorsqu’un de ces hommes – qui se cachait sous l’apparence de l’islam – voulut pratiquer ce culte sans pouvoir bâtir un édifice (2) où l’adorer, il composa pour l’astre des invocations, des formules de glorification et des évocations qu’il nomma « Hayākil » (temples). Plus sa dissimulation et sa crainte augmentaient, plus il les revêtait d’un enrobage de lettres et de mots inintelligibles, afin qu’on ne se hâte pas de les dénoncer et de les repousser.

Quant à celui d’entre eux qui ne redoutait rien, il publia (3) ces prières, glorifications et évocations dans la langue de son auditoire – persan, arabe ou autre. Lorsque les croyants le réprouvèrent, il déclara : « Je n’ai rapporté cela que pour connaître cette discipline et en avoir la maîtrise, non par conviction ni pour y inciter. »

Il a pourtant décrit (4) cette science et l’a exposée avec le plus grand soin ; puis il l’offrit en présent à son souverain, qui le récompensa d’une quantité d’or – dit-on, mille dinars (5) – et ce livre (6)

(1) Voir : Ibn Taymiyya, Majmuʿ al-Fatâwâ, t. 1, p. 173 ; t. 10, p. 451 ; t. 11, p. 292 ; idem, al-Ṣafadiyya, t. 1, p. 241 ; idem, al-Nubuwwât, p. 1058 ; idem, al-Radd ʿalā al-Manṭiqiyyîn, p. 286 et 535 ; idem, al-Radd ʿalā al-Bakrî, t. 1, p. 170. (2) Var. ms. (Q, D) : « il leur construit des maisons ». (3) Var. ms. (D, Q, Ṣ) : « il s’est abstenu de celles-ci » ; (Ṭ) : « il a clairement exposé celles-ci ». (4) Il s’agit d’al-Râzî, visé ici. (5) Ibn Taymiyya rapporte dans Naqḍ al-Taʾsîs, t. 1, p. 447, qu’al-Râzî composa cet ouvrage pour la mère du roi ʿAlâʾ ad-Dîn, laquelle le gratifia de mille dinars ; son but était d’y trouver les éléments de magie et de prodiges qu’il renferme. (6) Il s’agit du livre As-Sirr al-Maktûm fî Mukhâṭabat ash-Shams wa-l-Qamar wa-n-Nujûm. Son attribution à al-Râzî a certes été légèrement contestée, mais elle ne fait guère de doute ; quiconque est familier du style de l’auteur le reconnaît aussitôt. Ouvrage imprimé en lithographie en Inde. Cf. Muḥammad az-Zarkân, Fakhr ad-Dîn ar-Râzî wa-Ârâʾuhu al-Kalâmiyya, p. 111.
الروحانيَّةُ هي الشياطينُ تنزَّلتْ عليهم، وخاطبتْهم، وقَضَتْ حوائجَهم (١). ثمَّ لمَّا رامَ هذا الفعلَ من تستَّر منهم بالإسلام، ولم يُمْكِنه أن يبني بيتًا (٢) يعبدُها فيه، كتبَ لها دعواتٍ وتسبيحاتٍ وأذكارًا سمَّاها: هياكل، ثمَّ من اشتدَّ تستُّره وخوفُه أخرجَها في قالب حروفٍ وكلماتٍ لا تُفْهَم، لئلَّا يُبادَر إلى إنكارها وردِّها! ومن لم يَخَفْ منهم خرَّج (٣) تلك الدَّعوات والتسبيحات والأذكار بلسان من يخاطبُه بالفارسية والعربية وغيرها، فلمَّا أنكرَ عليه أهلُ الإيمان، قال: إنما ذكرتُ هذه معرفةً لهذا العلم وإحاطةً به، لا اعتقادًا له، ولا ترغيبًا فيه. وقد وَصَفَ (٤) ذلك العلمَ وقرَّره على أتمِّ تقرير، وحَمَله هديَّةً إلى مَلِكه فأثابه عليه جملةً من الذهب، يقال: إنه ألفُ دينار (٥)، وصار ذلك الكتابُ (٦)
(١) انظر: «مجموع الفتاوى» (١/ ١٧٣، ١٠/ ٤٥١، ١١/ ٢٩٢)، و «الصفدية» (١/ ٢٤١)، و «النبوات» (١٠٥٨)، و «الرد على المنطقيين» (٢٨٦، ٥٣٥)، و «الرد على البكري» (١/ ١٧٠). (٢) (ق، د): «يبني لها بيوتا». (٣) (د، ق، ص): «خرج بتلك». (ط): «صرح بتلك». (٤) أي: الرازي. وهو المقصود في هذا السياق. (٥) ذكر شيخ الإسلام في «نقض التأسيس» (١/ ٤٤٧) أنه صنَّفه لأم الملك علاء الدين، وأنها أعطته عليه ألف دينار، وكان مقصودها ما فيه من السحر والعجائب. (٦) وهو «السر المكتوم في مخاطبة الشمس والقمر والنجوم»، وفي نسبته إلى الرازي خلافٌ ضعيف، وهو له بلا ريب، ومن طالعه وله أنسٌ بأسلوب الرازي لم يتردد في ذلك. طبع في الهند طبعة حجرية. انظر: «فخر الدين الرازي وآراؤه الكلامية» للزركان (١١١).

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