des gens doués de raison. » (Coran 16, 12)
Quant à ces polythéistes, ils vouent au soleil, à la lune et aux autres astres une vénération telle qu’ils se prosternent devant eux, s’humilient pour eux et les célèbrent par des formules de glorification consignées dans leurs livres, ainsi que par des invocations qu’il ne conviendrait pourtant d’adresser qu’à leur Créateur et Originateur, Lui seul.
Les uns inscrivent dans leurs ouvrages : « Muṣḥaf du soleil, Muṣḥaf de la lune, Muṣḥaf de Saturne, Muṣḥaf de Mercure » (1).
D’autres parlent de « Tasbīḥa (chant de glorification) du soleil, Tasbīḥa de la lune, Tasbīḥa de Mercure, Tasbīḥa de Saturne », sans éprouver la moindre gêne (2).
Certains encore emploient l’expression : « Invocation du soleil, invocation de la lune, invocation de Mercure, invocation de Saturne ».
D’autres enfin évoquent le « Haykal — le temple — du soleil, de la lune et de Mercure » (3).
À l’origine, le haykal désigne le bâtiment édifié pour le culte. Les Sabéens construisaient pour chacun de ces astres un haykal, y représentaient l’image de la planète, puis en faisaient le lieu de son adoration, de sa vénération et des supplications qui lui étaient adressées. Ils prétendaient que la rūḥāniyya (entité spirituelle) de cet astre descendait vers eux, leur parlait et exauçait leurs besoins (4) — affirmation dont, disent-ils, ils furent eux-mêmes témoins oculaires.