Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

chose, qu’elle nous soit invisible ou présente sous nos yeux, afin de rappeler la perfection de Sa seigneurie, de Sa puissance, de Sa sagesse, de Sa force, de Sa gestion universelle et de la variété de Ses créatures ; celles-ci renvoient toutes à Lui et y guident, tant elles renferment de merveilles d’art et de beauté de forme. Elles attestent, au profit de leur Auteur et Générateur, qu’Il est l’Unique, l’Absolu, sans associé ; qu’Il est parfait dans Sa science, Sa puissance, Sa volonté, Son unicité, Sa sagesse, Sa seigneurie et Sa souveraineté ; qu’elles sont, quant à elles, assujetties, humbles, soumises à Son ordre et pleinement dociles à ce qu’Il veut d’elles.

Jurer par ces créatures revient donc à magnifier leur Créateur — exalté soit-Il — et à Le purifier de tout ce que Lui attribuent Ses ennemis négateurs, qui refusent Sa seigneurie, Sa puissance, Sa volonté et Son unicité. Car si ces choses sont Ses serviteurs (1), Ses possessions, Son œuvre et le fruit de Son invention, comment pourrait-on renier Sa seigneurie et Sa divinité ? ! Comment oserait-on rejeter Ses attributs de perfection (2) et les descriptions de Sa majesté ? ! Et comment un esprit sain et une nature droite pourraient-ils admettre qu’on prive ces créatures de leur Artisan, ou qu’on prive l’Artisan de Ses traits de majesté, de Ses attributs de perfection et de Ses actes ? !

Son serment par elles constitue donc la preuve la plus éclatante de la fausseté des deux groupes — les négateurs et les polythéistes — qui en ont fait des divinités adorées, alors que tout en elles indique leur survenue, leur condition d’esclaves, leur asservissement et leur indigence. Elles sont plutôt des signes renvoyant à leur Auteur (3) et Créateur et à Son unicité ; la seigneurie et la divinité ne sauraient en aucune manière leur appartenir, mais reviennent exclusivement à Celui qui les a créées et façonnées, comme l’a dit le poète :

Contemple les lignes des existants :
du monde céleste (4) te parviennent des missives.
Si tu lisais l’écriture dont elles sont tracées,
tu verrais que tout, hormis Allah, est vanité.

(1) (T) : hadhihi al-umûr («ces choses»). (2) (T) : sifat kamalihi wa-‘an af‘alihi («Ses attributs de perfection et Ses actes»). (3) Les manuscrits de base lisent ‘alâ arbâbihâ («à leurs détenteurs»); la présente édition suit la leçon de (Ṭ). (4) (Q) : al-mulk al-a‘la («le Royaume suprême»). Les deux vers ont déjà été référencés p. 1025.
غائبٍ عنَّا وحاضر، مما فيه التنبيهُ على كمال ربوبيته وعزَّته وحكمته وقدرته وتدبيره وتنوُّع مخلوقاته الدَّالَّة عليه، والمرشدة إليه، بما تضمَّنته من عجائب الصَّنعة وبديع الخِلْقَة، وتشهدُ لفاطرها وبارئها بأنه الواحدُ الأحدُ الذي لا شريكَ له، وأنه الكاملُ في علمه وقدرته ومشيئته ووحدانيته وحكمته وربوبيته ومُلكه، وأنها مسخَّرةٌ مذلَّلةٌ منقادةٌ لأمره مطيعةٌ لمراده منها. ففي الإقسام بها تعظيمٌ لخالقها ﵎، وتنزيهٌ له عمَّا نسبه إليه أعداؤه الجاحدون المعطِّلون لربوبيته وقدرته ومشيئته ووحدانيته، وأنَّ مَن هذه عبيدُه (١) ومماليكُه وخلقُه وصنعُه وإبداعُه فكيف تُجْحَدُ ربوبيتُه وإلهيتُه؟! وكيف تُنْكَرُ صفاتُ كماله (٢) ونعوتُ جلاله؟! وكيف يسوغُ لذي حِسٍّ سليمٍ وفطرةٍ مستقيمةٍ تعطيلُها عن صانعها، أو تعطيلُ صانعها عن نعوت جلاله وأوصاف كماله وعن أفعاله؟! فإقسامُه بها أكبرُ دليلٍ على فساد قول نوعي المعطِّلة والمشركين الذين جعلوها آلهةً تُعْبَد، مع دلائل الحُدوث والعبوديَّة والتَّسخير والافتقار عليها، وأنها أدلةٌ على بارئها (٣) وفاطرها وعلى وحدانيته، وأنه لا تنبغي الربوبيةُ والإلهيةُ لها بوجهٍ ما، بل لا تنبغي إلا لمن فطرها وبرأها، كما قال القائل: تأمَّلْ سطورَ الكائناتِ فإنها ... من الملأ الأعلى (٤) إليك رسائلُ وقد خُطَّ فيها لو تأمَّلتَ خَطَّها ... ألا كلُّ شيءٍ ما خلا اللهَ باطلُ
(١) (ت): «هذه الأمور». (٢) (ت): «صفات كماله وعن أفعاله». (٣) في الأصول: «على أربابها». والمثبت من (ط). (٤) (ق): «الملك الأعلى». والبيتان سلف تخريجهما (ص: ١٠٢٥).

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