Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Quant à l’argument qu’il déduit de cette parole du Très-Haut : « Non ! Je jure par les astres khunnas, 15 par ceux qui filent et se réfugient kunna s » (Coran 81, 15-16), la plupart des exégètes estiment que les termes visent les astres errants qui, dans leur course, tantôt reviennent en arrière, tantôt avancent normalement. Tel est l’avis d’un groupe de commentateurs (1) : ils y voient les cinq planètes – Saturne, Mercure, Jupiter, Mars et Vénus. Cette explication est rapportée d’ʿAlî (2) et retenue par Muqât il (3) ainsi que par Ibn Qutayba (4).

Ils disent : si ces planètes sont qualifiées de khunnas, c’est parce qu’elles progressent vers l’orient puis « se retirent », c’est-à-dire repartent vers l’ouest ; leur « kunûs » désigne le fait qu’au couchant elles se cachent, à l’image des gazelles ou des bœufs sauvages qui regagnent leurs abris – leurs « kanas ».

On les appelle encore « al-mutahayyira » (les errantes) parce qu’elles ont une marche tantôt directe, tantôt rétrograde.

D’après une autre opinion, leur « kunûs » – du point de vue de l’observateur – correspond à leur disparition sous l’éclat solaire.

Selon une troisième interprétation, l’expression embrasse l’ensemble des étoiles ; c’est le choix d’Abû ʿUbayda (5) et l’avis d’Al-Hasan et de Qatâda (6).

Sur cette dernière explication, le serment porte sur les trois états successifs des astres : leur lever,

(1) Voir : Ibn al-Jawzi, Zad al-Masir, vol. 9, p. 42 ; at-Tabari, Tafsir, vol. 24, p. 251. L’auteur précise dans Ayman al-Qur’an, p. 184 : « c’est l’opinion correcte ». (2) Rapporté par at-Tabari, vol. 24, p. 251, et par d’autres. Cf. as-Suyuti, ad-Durr al-Manthur, vol. 8, p. 431. (3) Dans son Tafsir, vol. 3, p. 456. Le manuscrit (Q) porte « Ibn Muqatil », lecture erronée. (4) Cf. Ibn Qutayba, Gharib al-Qur’an, p. 517, et Al-Anwa, p. 126. (5) Voir Abu Ubayda, Majaz al-Qur’an, vol. 2, p. 287. Les manuscrits donnent par erreur « Abi Ubayd » ; la bonne lecture, retenue par Zad al-Masir — source de l’auteur —, est « Abu Ubayda ». (6) At-Tabari rapporte ce propos d’après Ibn Masud et Ibn Abbas, vol. 24, pp. 251-252.
* أمَّا الاستدلالُ بقوله تعالى: ﴿فَلَا أُقْسِمُ بِالْخُنَّسِ (١٥) الْجَوَارِ الْكُنَّسِ﴾؛ فإنَّ أكثر المفسِّرينَ على أنَّ المراد هو الكواكبُ التي تسيرُ راجعةً تارةً ومستقيمةً أخرى، فهذا القولُ قد قاله جماعةٌ من المفسِّرين (١)، وأنها الكواكبُ الخمسة: زُحَل وعطارد والمشتري والمرِّيخ والزُّهَرة، ويروى عن عليٍّ (٢)، واختاره مقاتل (٣) وابن قتيبة (٤). قالوا: وسمَّاها خُنَّسًا لأنها في سيرها تتقدَّمُ إلى جهة المشرق، ثم تَخْنُس، أي: تتأخَّر، وكنوسُها استتارُها في مغربها، كما تَكْنِسُ الظِّباءُ وبقرُ الوحش، أي: تأوي إلى كِناسها، وهي أكنَّتها. وتسمَّى هذه الكواكب: المتحيِّرة؛ لأنها تسيرُ مستقيمةً وتسيرُ راجعة. وقيل: كُنوسُها بالنسبة إلى الناظر وهو استتارُها تحت شعاع الشَّمس. وقيل: هي النجوم كلُّها. وهو اختيارُ أبي عبيدة (٥)، وقاله الحسنُ وقتادة (٦). وعلى هذا القول، فيكون القسَمُ بها باعتبار أحوالها الثلاثة: مِن طلوعها،
(١) انظر: «زاد المسير» (٩/ ٤٢)، و «تفسير الطبري» (٢٤/ ٢٥١). وقال المصنف في «أيمان القرآن» (١٨٤): «وهو الصواب». (٢) أخرجه الطبري (٢٤/ ٢٥١)، وغيره. انظر: «الدر المنثور» (٨/ ٤٣١). (٣) في «تفسيره» (٣/ ٤٥٦). وفي (ق): «ابن مقاتل». وهو خطأ. (٤) في «غريب القرآن» (٥١٧)، و «الأنواء» (١٢٦). (٥) في «مجاز القرآن» (٢/ ٢٨٧). وفي الأصول: «أبي عبيد». وهو تحريف. وعلى الصواب في «زاد المسير»، وهو مصدر المصنف. (٦) أخرجه عنهما الطبري (٢٤/ ٢٥١، ٢٥٢).

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