à Ses serviteurs dans le monde de l’invisible. Ce vocable est ainsi devenu, par prédominance, un nom propre qui la désigne, bien que, dans son sens originel (1), il n’évoque qu’un verger planté d’arbres fruitiers. Il en va de même pour al-Madîna devenu le nom de « Tayba », pour an-Najm s’appliquant aux Pléiades, et pour bien d’autres exemples semblables.
Dès lors, chaque fois que le terme apparaît précédé de l’article défini al-, il renvoie au Paradis connu et bien ancré dans le cœur des croyants. S’il vise un jardin d’une autre nature, il vient sous forme indéfinie – ainsi : « deux jardins de vignes » (Al-Kahf 18 : 32) –, ou déterminé par l’annexion, comme : « Si seulement, lorsque tu es entré dans ton jardin… » (Al-Kahf 18 : 39), ou encore précisé par le contexte indiquant qu’il s’agit d’un jardin terrestre, tel que : « Nous les avons mis à l’épreuve comme Nous avons éprouvé les propriétaires du jardin lorsqu’ils jurèrent d’en récolter les fruits à l’aube » (Al-Qalam 68 : 17 s.). Ce contexte et cette restriction montrent qu’il s’agit d’un simple verger situé ici-bas.
Ils ajoutent : par ailleurs, Ahl as-Sunna wa-l-Jamâʿa s’accordent à reconnaître que le Paradis et l’Enfer existent déjà, et les hadiths du Prophète ﷺ sur ce point sont mutawâtir. Dans les deux Ṣaḥîḥ, on rapporte d’ʿAbd Allâh b. ʿUmar que le Prophète ﷺ a dit : « Quand l’un de vous meurt, on lui présente matin et soir sa demeure : s’il est des gens du Paradis, [c’est] parmi les gens du Paradis ; s’il est des gens de l’Enfer, [c’est] parmi les gens de l’Enfer. On lui dit : “Voilà ta place jusqu’à ce qu’Allah te ressuscite au Jour de la Résurrection.” » (2).
Toujours dans les deux Ṣaḥîḥ, selon Abû Saʿîd al-Khudrî, le Prophète ﷺ a dit : « Le Paradis et l’Enfer se disputèrent. Le Paradis dit : “Pourquoi n’accueille-je que les faibles et les humbles ?” L’Enfer dit : “Pourquoi n’accueille-je que les tyrans et les orgueilleux ?” Allah dit alors… »