C’est donc pour ces trois raisons que les reproches se sont dirigés contre cette science. »
On rapporte encore que, chez les rois sassanides, lorsqu’un souverain souhaitait avoir un enfant, il faisait venir l’astrologue. Le roi se retirait alors auprès de son épouse et, au moment précis où la semence atteignait l’utérus, il ordonnait à un serviteur posté devant la porte de frapper sur le bassin qu’il tenait en main. Dès que l’astrologue percevait le tintement du bassin, il relevait l’ascendant et en tirait ses conclusions (1) ; il indiquait même le nombre d’heures que l’enfant passerait dans le ventre de sa mère. Puis, à la naissance, il reprenait une nouvelle fois l’ascendant et émettait un nouveau jugement.
Il n’est donc pas étonnant que leurs déductions fussent pleines et solides : l’ascendant véritable est en effet celui de la chute de la goutte, car c’est alors que l’enfant commence réellement à exister. Quant à l’ascendant de la naissance, il n’est qu’un ascendant emprunté : l’enfant ne se forme pas à ce moment-là, il ne fait que passer d’un lieu à un autre.
Il est rapporté encore qu’Ardachîr ibn Bâbak (2) écrivit, dans le testament qu’il laissa à son fils : « N’était la certitude de la ruine promise au terme de mille ans, je vous aurais rédigé un écrit ; si vous vous y conformiez, jamais vous ne vous égareriez ! »
Par « ruine », il visait ce que les astrologues lui avaient annoncé : son royaume disparaîtrait à la fin de mille ans comptés depuis le règne de Gushtâsp (3), c’est-à-dire la disparition de leur dynastie et l’avènement d’un autre État