Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

car elle relève de la science prophétique. (1)

Il est rapporté que l’imâm al-Shâfiʿî maîtrisait l’astrologie. Lorsqu’un enfant naquit chez l’un de ses voisins, al-Shâfiʿî soutint que cet enfant porterait, sur tel membre précis, un grain de beauté d’une forme bien déterminée ; l’examen confirma exactement son jugement. (2)

• De même, le Très-Haut rapporte que Pharaon mettait à mort les fils des fils d’Israël et laissait vivre leurs femmes. Les exégètes expliquent que c’est parce que les astrologues l’avaient informé qu’il naîtrait, parmi les fils d’Israël, un garçon par la main duquel il périrait. Ce récit a été transmis par Muḥammad b. Isḥāq et d’autres. (3)

Cela prouve que, de tout temps, anciens et modernes ont reconnu la validité de l’astrologie.

• Quant à l’argument rationnel, c’est que jamais aucune religion ni aucune nation n’a été dépourvue de cette science. Dans tous les récits anciens ou récents, on voit les gens de l’époque s’y adonner et s’y fier pour déterminer leurs intérêts. Si cette science avait été totalement dépourvue de fondement, il serait impensable que les habitants de l’Orient comme de l’Occident s’accordent sur

(1) Rapporté par l’imam Ahmad dans « Fadâʾil al-Sahâba » (nos 19, 1739) et par Abû Nuʿaym dans « Hilyat al-Awliyâʾ » (4/149) avec la formule : « Rejetez trois choses : médire des compagnons de Muhammad ﷺ, observer les astres et discuter du qadar (décret divin). » Chaîne authentique ; c’est le libellé le plus connu du récit. (2) Voir : Râzî, « Manâqib al-Shâfiʿî », p. 328, ainsi que la référence à venir p. 1445. (3) Rapporté par al-Tabarî dans son « Tafsîr » (2/45) d’après Ibn Isḥâq ; également par ʿAbd al-Razzâq (2/87) et al-Tabarî (19/518) d’après Qatâda. Cf. « Maʿânî al-Qurʾân » de al-Naḥḥâs (5/157), « Tafsîr al-Qurṭubî » (13/223) et, plus loin, la discussion de l’auteur p. 1453 avec nos remarques.
النُّبوة» (١). ورُوِي أنَّ الشافعيَّ كان عالمًا بالنجوم، وجاء لبعض جيرانه ولد، فحكمَ الشافعيُّ أنَّ هذا الولدَ ينبغي أن يكون على العضو الفُلانيِّ منه خالٌ صفتُه كذا وكذا، فوُجِدَ الأمرُ كما قال (٢). * وأيضًا: أنه تعالى حكى عن فرعون أنه كان يذبحُ أبناء بني إسرائيل ويستحيي نساءهم، والمفسرون قالوا: إنَّ ذلك إنما كان لأنَّ المنجِّمين أخبروه بأنه سيجيءُ ولدٌ من بني إسرائيل، ويكونُ هلاكُه على يده. وهذه الروايةُ ذكرها محمد بن إسحاق وغيره (٣). وهذا يدلُّ على اعتراف النَّاس قديمًا وحديثًا بعلم النجوم. * وأمَّا المعقول؛ فهو أنَّ هذا علمٌ ما خَلَتْ عنه ملَّةٌ من الملل، ولا أمَّةٌ من الأمم، ولا يُعرَفُ تاريخٌ من التواريخ القديمة والحديثة إلا وكان أهلُ ذلك الزمان مشتغلين بهذا العلم، ومعوِّلين عليه في معرفة المصالح، ولو كان هذا العلمُ فاسدًا بالكليَّة لاستحال إطباقُ أهل المشرق والمغرب من
(١) أخرج الإمام أحمد في «فضائل الصحابة» (١٩، ١٧٣٩)، وأبو نعيم في «الحلية» (٤/ ١٤٩) عنه قال: «ثلاث ارفضوهن، سب أصحاب محمد ﷺ، والنظر في النجوم، والنظر في القدر». وإسناده صحيح. فهذا هو اللفظ المعروف للأثر. (٢) انظر: «مناقب الشافعي» للرازي (٣٢٨)، وما سيأتي (ص: ١٤٤٥). (٣) أخرجه الطبريُّ في «التفسير» (٢/ ٤٥) من رواية ابن إسحاق. وأخرج عبدالرزاق (٢/ ٨٧)، والطبري (١٩/ ٥١٨) عن قتادة نحوه. وانظر: «معاني القرآن» للنحاس (٥/ ١٥٧)، و «تفسير القرطبي» (١٣/ ٢٢٣)، وكلام المصنف الآتي (ص: ١٤٥٣) والتعليق عليه.

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