Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et sur le mouvement des corps célestes ; de même, il peut faire mourir (1) au moyen de ces mêmes intermédiaires. Tel est le sens des paroles divines rapportant l’argument de l’adversaire : « C’est moi qui fais vivre et qui fais mourir. »

Puis Abraham ﵊ répondit à cette objection en déclarant : « Certes Allah fait venir le soleil du levant ; fais-le donc venir du couchant » (Coran 2, 258). Autrement dit : concédons que, – exalté soit-Il –, les événements de l’univers ne surviennent qu’à travers les mouvements des sphères ; toutefois, c’est Lui qui est l’origine (2) de ces mouvements, car toute motion requiert une cause, et nulle autre cause que la puissance d’Allah ne peut en rendre compte. Il s’ensuit que, même si nous admettons que les phénomènes de ce monde se produisent par l’effet des mouvements célestes, puisque Celui qui dirige ces mouvements est Allah, tout procède donc de Lui. Il en va autrement pour chacun d’entre nous : quand bien même serions-nous capables de donner la vie ou la mort par le truchement des dispositions naturelles et des révolutions des sphères, les mouvements de ces dernières ne dépendent pas de nous – la preuve en est que nous sommes incapables de les faire dévier de l’impulsion divine ; la différence apparaît ainsi clairement.

C’est bien là ce qu’exprime la parole d’Abraham ﵊ : « Certes Allah fait venir le soleil du levant ; fais-le donc venir du couchant. » Autrement dit : admettons que les phénomènes de ce monde résultent du déplacement du soleil depuis l’orient ; ce mouvement est cependant voulu par Allah, car tout corps en mouvement a nécessairement un moteur, et ce moteur, ni toi ni moi ne l’incarnons ; pourquoi, dès lors, ne le fais-tu pas se lever à l’occident ?

Il ressort donc qu’Abraham, l’Ami intime, fondait l’établissement de l’existence du Créateur sur des preuves

(1) (Q) : « wa-lidhālika qad numitu » (« et c’est pourquoi nous faisons mourir ») ; forme corrompue. (2) (Q) : « al-mabdaʾ » (« le principe »).
وتحريك الأجرام الفلَكيَّة، وكذلك قد يميتُ (١) بهذه الوسائط. وهذا هو المرادُ من قوله تعالى حكايةً عن الخصم: ﴿أَنَا أُحْيِي وَأُمِيتُ﴾. ثمَّ إنَّ إبراهيم ﵊ أجاب عن هذا السؤال بقوله: ﴿فَإِنَّ اللَّهَ يَأْتِي بِالشَّمْسِ مِنَ الْمَشْرِقِ فَأْتِ بِهَا مِنَ الْمَغْرِبِ﴾، يعني: هَبْ أنه سبحانه إنما يُحْدِثُ حوادثَ العالم بواسطة الحركات الفلَكيَّة، لكنَّه تعالى هو المبداء (٢) للحركات الفلَكيَّة؛ لأنَّ تلك الحركات لا بدَّ لها من سبب، ولا سببَ لها سوى قدرة الله تعالى، فثبتَ أنَّ حوادثَ هذا العالم وإن سلَّمنا أنها إنما حصلت بواسطة الحركات الفلَكيَّة لكنَّه لمَّا كان المدبِّر لتلك الحركات الفلَكيَّة هو الله تعالى كان الكلُّ منه، بخلاف الواحد منَّا، فإنَّا وإن قَدَرْنا على الإحياء والإماتة بواسطة الطبائع وحركات الأفلاك، إلا أنَّ حركات الأفلاك ليست منَّا، بدليل أنَّا لا نقدرُ على تحريكها على خلاف التَّحريك الإلهي، وظَهَر الفَرق. وهذا هو المرادُ من قول إبراهيم ﵊: ﴿فَإِنَّ اللَّهَ يَأْتِي بِالشَّمْسِ مِنَ الْمَشْرِقِ فَأْتِ بِهَا مِنَ الْمَغْرِبِ﴾، يعني: هَبْ أنَّ هذه الحوادثَ في هذا العالم حصلت بحركة الشَّمس من المشرق، إلا أنَّ هذه الحركة من الله؛ لأنَّ كلَّ جسمٍ متحرِّكٍ فلا بدَّ له من محرِّك، وذلك المحرِّكُ لست أنتَ ولا أنا، فلِمَ لا تحرِّكها من المغرب؟! فثبتَ أنَّ اعتمادَ إبراهيم الخليل في معرفة ثبوت الصَّانع على الدلائل
(١) (ق): «ولذلك قد نميت». وهو تحريف. (٢) (ق): «المبدأ».

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