Et Il – exalté soit-Il – a dit : « … et ils méditent sur la création des cieux et de la terre et disent : “Notre Seigneur, Tu n’as pas créé tout cela en vain.” » (Coran 3, 191). Il n’est pas admissible de penser que le Très-Haut les aurait créés afin que l’on déduise, de leur structure et de leur agencement, l’existence du Créateur ; cette preuve existe déjà dans l’organisation même d’un moucheron ou d’un moustique, et l’argument que constitue la présence de la vie (1) dans l’organisme des êtres animés est plus probant, pour attester l’existence du Créateur, que celui qu’offre la disposition des corps célestes : la vie, en effet, nul ne peut la conférer sinon Allah, tandis que l’assemblage et l’ordonnancement des corps, dans une certaine mesure, peuvent être reproduits par d’autres qu’Allah.
Ainsi, puisque ce type de sagesse se rencontre dans d’autres créatures que les sphères célestes, et qu’Il les a néanmoins distinguées par cet honneur exprimé dans Sa parole : « Notre Seigneur, Tu n’as pas créé cela en vain », nous savons qu’Allah renferme, dans leur création, des secrets élevés et des sagesses profondes que l’intelligence humaine est incapable de saisir.
Un verset proche de celui-ci est encore Sa parole : « Nous n’avons pas créé le ciel, la terre et ce qui se trouve entre eux sans raison ; telle est l’opinion de ceux qui ont mécru. Malheur donc aux mécréants à cause du Feu ! » (Coran 38, 27). Là non plus, on ne peut prétendre qu’Il les a créés de façon que l’on puisse, par eux, conclure à l’existence du Créateur sage ; car leur aptitude à témoigner du besoin d’un Créateur est inhérente à leur nature : tout corps occupant un lieu est un être contingent, et tout contingent dépend d’un agent. Il s’ensuit que la capacité des entités spatiales à attester l’existence de l’Auteur est inscrite dans leur essence même ; or, ce qui est de cet ordre ne saurait constituer le motif même de l’acte créateur ; il n’est donc pas possible (2) d’entendre dans Sa parole : « Nous n’avons pas créé… »