aveux émanent de leurs notables et de leurs maîtres ?! Si même leurs contradicteurs, étrangers à leur discipline, avaient prononcé de telles paroles, on ne leur aurait pas accordé le même crédit que lorsqu’elles viennent d’eux.
Louange à Dieu qui a fait attester par les gens de science et de foi l’ignorance, la perplexité, l’égarement, le mensonge et la calomnie de ces hommes, par le témoignage même qu’ils portent contre eux-mêmes et contre leur propre art ; qui a décrété encore que tout savant retire de son savoir, et tout artisan de son métier, un bénéfice plus grand que celui qu’ils tirent, eux, de leur science ; et qu’aucun d’entre eux n’est capable de subsister si ce n’est à l’ombre de quelqu’un qui n’a aucune part à cette connaissance, sous la protection de l’homme le plus ignorant qui soit.
Plus étonnant encore est leur propos suivant : l’ascendant de l’un des deux rois en lutte peut impliquer que son astrologue se trompera dans cette guerre ; l’ascendant propre de l’astrologue exige lui aussi qu’il se méprenne dans son jugement ; tandis que l’ascendant du souverain adverse, et celui de son astrologue, exigent exactement l’inverse !
Qu’un esprit sensé s’émerveille donc d’un tel radotage et de son incohérence. Car si l’ascendant implique que l’astrologue se trompera dans cette guerre, alors même qu’il a rempli, selon les maîtres de l’art, toutes les règles du calcul et du jugement, et que chacun d’eux témoigne que la sentence qu’il a rendue est conforme aux règles, n’est-ce pas là l’une des preuves les plus manifestes de l’inanité de la confiance placée dans l’ascendant ? N’est-ce pas juger sans science, et juger sur une base dont la fausseté demeure possible ?
Il n’existe rien de plus étrange que cet ascendant à la fois véridique et mensonger, exact et erroné ! Plus étonnant encore : le même ascendant a été utilisé par l’astrologue de l’ennemi pour conclure à la victoire de ce dernier ; le décret divin et la prédestination ont alors coïncidé avec cet ascendant et ce jugement. Ainsi, l’un des deux astrologues a vu juste, pour son roi, dans l’ascendant et dans le verdict, tandis que l’autre s’est trompé pour le sien, alors qu’ils sont tous deux partis d’un seul et même ascendant !