Quant à l’emploi du duel, il peut viser soit Adam et son épouse – car ce sont bien eux qui ont consommé le fruit de l’arbre et se sont rendus coupables –, soit Adam et Iblîs – puisqu’ils sont les deux « pères » des deux espèces (hommes et djinns). Le récit expose alors leur situation et l’issue qui leur a été réservée afin que leur descendance en tire exhortation et leçon. Ces deux interprétations sont rapportées.
Lorsque l’expression vient au singulier, elle vise exclusivement Iblîs.
De plus, ce qui confirme que le pronom de « Descendez-en tous deux » concerne Adam et Iblîs, c’est qu’Allah, après avoir relaté la désobéissance, n’a mentionné qu’Adam, non son épouse ; Il dit : « Adam désobéit alors à son Seigneur et s’égara (121). Puis son Seigneur le choisit, lui accorda Son pardon et le guida (122). Il dit : “Descendez-en tous deux, tous ensemble.” » (Tâ-Hâ 121-122). Cela montre que le destinataire de l’ordre de descendre est Adam ainsi que celui qui lui a embelli la faute, tandis que l’épouse n’est incluse qu’à titre secondaire.
En effet, le but est qu’Allah informe Ses serviteurs – djinns et hommes – de ce qui survint à leurs deux ascendants à cause du fléau du péché et de la transgression, afin qu’ils ne les imitent pas sur ce point. Mentionner les deux géniteurs des deux espèces est plus éloquent, pour atteindre cet objectif, que de ne rappeler que les parents de l’humanité seule.
Par ailleurs, Allah a précisé que l’épouse mangea avec Adam et qu’Il fit descendre et expulsa (1) Adam du Jardin pour cette bouchée ; on comprend donc que le même jugement s’applique à l’épouse et qu’elle a partagé le sort d’Adam. Il convenait donc de concentrer l’attention sur l’état des deux pères qui sont à l’origine de toute la descendance, plutôt que de la restreindre au seul père et à la mère des hommes. Allah est plus savant.