et plus sublime, plus durable et plus pérenne que tous les profits des autres sciences (1) que ces savants avaient acquis ; car ceux-ci ont mis les fruits de leurs connaissances au service de la sauvegarde de la condition humaine, de sa constitution, de ses habitudes, de ses désirs (2) et de son confort, afin d’obtenir un avantage et d’écarter un préjudice. Leur rang est cependant resté en-deçà de la ressemblance avec Lui, de l’adéquation à Sa présence, de l’imitation de Ses prérogatives et de l’ornement de Sa parure. C’est pourquoi Allah a compensé la déficience de leur savoir par des avantages qu’ils ont recueillis et des bénéfices qu’ils ont engrangés (3).
Quant à celui qui veut connaître ces réalités cachées et ces secrets des astres et des lumières tels qu’ils ont été disposés et ordonnés, il est, à juste titre, destiné à être privé de tout ce que le spécialiste de chaque science trouve habituellement dans sa discipline comme commodités et utilités ; il sera laissé seul avec le jugement (4) qui en fixe les degrés tels qu’ils sont, sans en retirer pour autant profit ni avantage.
Il s’agit là d’une finesse sublime : lorsque l’on y parvient comme il convient et qu’on l’accueille comme il se doit, celui qui la saisit devient plus illustre que tout bien perdu, fût-il des plus rares ; car une nature humaine y devient divine, la corporéité se mue en spiritualité, l’argile se transmue en lumière, le composé redevient simple et la partie se fait tout. C’est une réalité que bien peu atteignent et dont bien peu prennent conscience.
- Un autre – Abû Sulaymân al-Manṭiqî, interrogé par son élève Abû Ḥayyân au sujet de ces réponses et de ce qu’elles mêlent de vrai et de faux – déclara : « Il est ici des âmes perverses, des intelligences dépravées et des connaissances viles ; leurs détenteurs ne sauraient respirer le parfum de la sagesse ni prétendre s’élever jusqu’à… »