Et si je le voulais, je pourrais t’en citer un large florilège ; tout cela est consigné (1) dans les livres, répandu (2) dans les réunions et colporté parmi les gens.
C’est pour cette raison et pour d’autres semblables qu’Il a rabaissé son rang et l’a renvoyé sur ses pas, afin qu’il sache qu’il ne sait que ce qu’on lui a enseigné, et qu’il n’a pas à se pavaner de ce qu’il connaît au-détriment de ce qu’il ignore. Car Allah, exalté soit-Il, n’a point d’associé dans Son mystère, ni de ministre dans Sa seigneurie. Il rend le savoir familier pour qu’on Lui obéisse et qu’on L’adore, et Il rend l’ignorance effrayante pour qu’on se réfugie auprès de Lui et qu’on Le recherche ; glorifié en tant que Seigneur, magnifié en tant que Dieu, sanctifié comme Celui vers qui l’on se tourne, exalté comme l’Unique dont on dépend.
- Un autre — al-ʿArûḍî — a dit : « Il arrive que cette science se fortifie à certaines époques, au point que l’on en devienne passionné et que l’on en professe l’étude, sous l’effet d’une puissance céleste et d’une configuration astrale ; alors les déductions et les recherches se multiplient, l’attention et la réflexion s’intensifient, si bien que l’exactitude l’emporte et que l’erreur disparaît.
Il arrive aussi qu’en d’autres temps cette science décline ; l’erreur s’y répand alors, en raison d’une autre (3) configuration qui y conduit, jusqu’à ce que l’on renonce à l’examiner, que la recherche à son sujet devienne illicite, et que la religion interdise de la solliciter ou d’en juger.
Enfin, il se peut qu’à une troisième époque la situation s’équilibre, de sorte que l’erreur égale (4) l’atteinte juste et que la justesse égale l’erreur ; les motivations favorables et les facteurs dissuasifs se contrebalancent, et la religion ni ne l’encourage avec insistance, ni ne l’interdit de façon absolue.