Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

que la voie vers l’objectif s’est fermée devant lui (1), que le but recherché lui a échappé, et que toute lucidité l’a déserté ?

Et pourtant il n’a commis aucune erreur de calcul, ni la moindre défaillance dans sa recherche de la vérité (2).

Tout cela, afin que l’on ne cherche refuge qu’auprès d’Allah dans toutes les affaires, et que l’on sache qu’Il est le Maître des temps, l’Ordonnateur des créatures, Celui qui détient les causes et les liens, qui veille sur chaque âme et assiste chaque souffle ; que, s’Il veut, Il procure le bien ou le préjudice, la santé ou la maladie, la richesse ou la pauvreté, la vie ou la mort ; qu’Il est Celui qui dissipe les détresses, secourt les affligés, exauce les requêtes et répond aux invocations. Nulle main n’est au-dessus de la Sienne ; Il est l’Un, l’Absolu, pour l’éternité et à jamais.

Un autre a dit (3) : Bien que ces événements soient suspendus aux réalités supérieures et liés aux corps célestes, qu’ils en procèdent et qu’ils en jaillissent, il se trouve, dans le déroulement même des choses, des aspects qui ne sauraient être attribués à aucun de ces astres si ce n’est à titre d’approximation.

Ainsi, imaginez un roi dont l’autorité est vaste et les bienfaits innombrables : il gratifie chacun de ce qui lui convient et de ce pour quoi il est apte. Il confie, par exemple, le bayt al-mâl (Trésor public) à un intendant loyal, compétent et énergique, qui distribuera et collectera sous son contrôle (4). Or ce même roi peut déposer dans cette trésorerie quelque chose dont l’intendant n’a pas connaissance, ou en retirer quelque chose sans que l’intendant s’en aperçoive

(1) Dans les manuscrits Z et S de « al-Muqabassat », on lit « al-talab » (la requête). (2) « al-Muqabassat » donne la leçon « wa la taqsir fi l-haqq » (et qu’il n’y ait aucun manquement à la vérité). (3) Il s’agit du soufi harrani ; il avait quelque notion de la sagesse, mais n’assistait pas à la séance ; Abou Hayyan affirme avoir entendu ces propos de lui jadis à La Mecque. (4) Les manuscrits de base lisent « wa-yakhruj » (il sortira) ; la présente édition suit cependant la leçon d’« al-Muqabassat ».}
دونه المطلب (١)، وفاتَ المطلوب، وعزبَ عنه الرأي؟ هذا، ولا خطأ له في الحساب، ولا نقصَ في قصد الحقِّ (٢). وهذا كي يُلاذَ بالله وحده في الأمور كلِّها، ويُعْلَمَ أنه مالكُ الدُّهور، ومدبِّر الخلائق، وصاحبُ الدواعي والعلائق، والقائمُ على كلِّ نَفْس، والحاضرُ عند كلِّ نَفَس، وأنه إذا شاء نفَع، وإذا شاء ضَرَّ، وإذا شاء عافى، وإذا شاء أسقَم، وإذا شاء أغنى، وإذا شاء أفقر، وإذا شاء أحيا، وإذا شاء أمات، وأنه كاشفُ الكربات، مغيثُ ذوي اللَّهَفات، قاضي الحاجات، مجيبُ الدعوات، ليس فوق يده يد، وهو الأحدُ الصمد، على الأبد والسَّرمد. * وقال آخر (٣): هذه الأمورُ وإن كانت مَنُوطةً بهذه العُلويَّات، مربوطةً بالفلَكيَّات، عنها تَحْدُث، ومن جهتها تنبعث، فإنَّ في عرضها ما لا يستحقُّ أن يُنسَبَ إلى شيءٍ منها إلا على وجه التقريب. ومثالُ ذلك: ملكٌ له سلطانٌ واسع، ونعمةٌ جمَّة، فهو يُفْرِدُ كلَّ أحدٍ بما هو لائقٌ به، وبما هو ناهضٌ فيه، فيولِّي بيتَ المال مثلًا خازنًا أمينًا كافيًا شهمًا يفرِّقُ على يده، ويجمعُ (٤) على يده، ثمَّ إنَّ هذا الملك قد يضعُ في هذه الخزانة شيئًا لا علمَ للخازن به، وقد يُخْرِجُ منها شيئًا لا يقفُ الخازنُ
(١) «المقابسات» (ز، س): «الطلب». (٢) «المقابسات»: «ولا تقصير في الحق». (٣) وهو الحرَّاني الصوفي، وكان قد شام شيئًا من الحكمة، ولم يكن حاضرًا بالمجلس إنما سمع أبو حيان منه هذا بمكة قديمًا، كما قال. (٤) في الأصول: «ويخرج». والمثبت من «المقابسات».

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