On a répondu que le pronom inclus dans l’injonction : « Ihbitā » — « Descendez-en tous deux » — se rapporte soit à Adam et à son épouse, soit à Adam et à Iblîs, l’épouse n’étant pas mentionnée parce qu’elle lui est subordonnée.
Selon la seconde hypothèse, l’hostilité évoquée vise donc les deux destinataires de l’ordre de descendre, à savoir Adam et Iblîs.
Selon la première, le verset englobe deux éléments :
- l’ordre donné à Adam et à son épouse de quitter le lieu ;
- l’instauration de l’inimitié entre Adam, son épouse et Iblîs. Iblîs doit nécessairement entrer dans le champ de cette inimitié, sans aucun doute, comme le Très-Haut lui a dit (1) : « Celui-ci est certes un ennemi pour toi et pour ton épouse » [Tâ-Hâ 117], et comme Il a dit à leur descendance : « Satan est pour vous un ennemi ; prenez-le donc pour ennemi » [Le Créateur 6].
Observe comment, dans tous les passages où l’hostilité est mentionnée, le discours adopte le pronom du pluriel plutôt que celui du duel. Quant à l’ordre de descendre, il se présente tantôt au pluriel, tantôt au duel, et tantôt au singulier lorsqu’il s’adresse à Iblîs seul, comme dans cette parole du Très-Haut, sourate al-Aʿrâf : « — Il dit : “Qu’est-ce qui t’a empêché de te prosterner lorsque Je te l’ai ordonné ?” Il répondit : “Je suis meilleur que lui ; Tu m’as créé de feu et Tu l’as créé d’argile.” — Il répliqua : “Descends-en ; il ne t’appartient pas d’y faire preuve d’orgueil.” » [Al-Aʿrâf 12-13]. Cet ordre de descendre ne concerne donc qu’Iblîs, et l’on a dit que le pronom « -en » dans « Descends-en » renvoie soit au Jardin, soit au ciel.
Et chaque fois que la formule apparaît au pluriel (2), elle s’applique à Adam, à son épouse et à Iblîs, car toute la scène se concentre sur eux.