Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Un autre reprit : « Cela s’éclaire par un exemple. Imagine qu’il existe, à ton époque et dans ton pays, un roi dont le royaume est vaste, la condition éminente, la renommée lointaine, la majesté impressionnante (1). Il est réputé pour sa sagesse, célèbre pour sa fermeté ; il place le bien à l’endroit qui lui convient et fait tomber le mal là où il doit. À lui reviennent la sanction de chaque mauvaise action et la récompense de toute bonne œuvre.
Il a, pour son service de poste, désigné le meilleur de ses proches ; pour la perception de ses revenus, les personnes les plus compétentes ; pour l’exploitation de ses terres, les plus aptes ; il a honoré l’un du secrétariat, un autre du vizirat, un troisième de la lieutenance.

Lorsque tu contemples son royaume, tu le trouves soutenu (2) par la justesse de son jugement et la louange de son administration. Ses favoris l’entourent, sa cour se tient devant lui ; chacun se hâte vers la tâche qui lui incombe, y consacre toute son énergie et la dépense (3). Pendant ce temps, le roi ordonne et interdit, fait partir et revenir, récompense et châtie.

Tous savent – qu’ils soient jeunes ou vieux parmi ses intimes, humbles ou nobles parmi ses sujets, illustres ou obscurs parmi les gens – que le décret concernant telle ou telle affaire (4) a été adressé par le roi à son secrétaire, parce qu’il relève de l’art de l’écriture, de ses rouages et de ses conditions ; qu’un autre ordre a été transmis au chef du service postal, parce qu’il ressortit aux règles et aux techniques du courrier ; qu’un troisième a été confié au responsable des finances, parce qu’il se rattache à la charge pour laquelle il a été nommé ; et qu’un autre dossier a été porté devant le juge, parce qu’il appartient au domaine religieux et judiciaire. »

(1) Al-Muqâbasât : « shayiʿ al-hayba » (d’une autorité reconnue) ; ms. Z et S : « shayiʿ adh-dhikr » (de renommée publique). (2) Al-Muqâbasât : « mawzûnan » (pondéré). (3) Al-Muqâbasât : « wa-yastaqsî tâqatahu fîhi wa-yabdhulu wusʿahu dûnahu » (il y mobilise toute sa capacité et n’épargne aucun effort). (4) Al-Muqâbasât : « ar-raʾy alladhî taʿallaqa bi-amr kadha » (l’avis portant sur telle question) ; ms. Z et S : « ar-raʾy alladhî yutlaqu bi-amrihi kadha wa-kadha » (l’avis que l’on exprime à son sujet, etc.).
* فقال آخر: وهذا يتَّضحُ بمثال، وليكن المثالُ أنَّ مَلِكًا في زمانك وبلادك، واسعَ المُلك، عظيمَ الشَّأن، بعيدَ الصِّيت، سابغَ الهيبة (١)، معروفًا بالحكمة، مشهورًا بالحزم، يضعُ الخيرَ في مواضعه، ويوقِعُ الشرَّ في مواقعه، عنده جزاءُ كلِّ سيئةٍ وثوابُ كلِّ حسنة، قد رتَّب لبريده أصلحَ الأولياء له، وكذلك نَصَبَ لجباية أمواله أقوَمَ الناس بها، وكذلك ولَّى عمارةَ أرضه أنهَض الناس بها، وشرَّفَ آخر بكتابته، وآخر بوزارته، وآخر بنيابته. فإذا نظرتَ إلى مُلكه وجدتَه مؤزَّرًا (٢) بسَداد الرأي ومحمود التدبير، وأولياؤه حواليه، وحاشيتُه بين يديه، وكلٌّ يَخِفُّ إلى ما هو مَنُوطٌ به، ويستقصي طاقتَه ويبذلُ فيه (٣)، والملكُ يأمرُ وينهى، ويُصْدِرُ ويُورِد، ويثيبُ ويعاقِب. وقد عَلِمَ صغيرُ أوليائه وكبيرُهم، ووضيعُ رعاياه وشريفُهم، ونَبِيهُ الناس وخاملُهم: أنَّ الأمرَ الذي تعلَّق بكذا وكذا (٤) صدَرَ من الملك إلى كاتبه؛ لأنه من جنس الكتابة وعلائقها وما يدخلُ في شرائطها ووثائقها، والأمرَ الآخر صدَرَ إلى صاحب بريده؛ لأنه من أحكام البريد وفُنونه، والأمرَ الآخر أُلقِي إلى صاحب المعونة؛ لأنه من جنس ما هو مرتَّبٌ له منصوبٌ من أجله، والحديثَ الآخر صَدَرَ إلى القاضي؛ لأنه من باب الدِّين والحُكم
(١) «المقابسات»: «شائع الهيبة». (ز، س): «شائع الذكر». (٢) «المقابسات»: «موزونا». (٣) «المقابسات»: «ويستقصي طاقته فيه ويبذل وسعه دونه». (٤) «المقابسات»: «الرأي الذي تعلق بأمر كذا». (ز، س): «الرأي الذي يطلق بأمره كذا وكذا».

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