Et, dans Sa sagesse éminente, Allah a dressé des barrières devant cette science (1) et en a voilé les réalités à la plupart des serviteurs : la science de ce qui doit advenir, survenir et se présenter est, en effet, douce pour l’âme (2) et exerce un attrait sur l’esprit ; nul n’ignore le désir de connaître l’invisible, d’y accéder, de saisir ce que demain réserve et de trouver le moyen d’y parvenir.
Et si la voie (3) menant à cet art venait à être aplanie, tu verrais les hommes s’y précipiter, ne lui préférant absolument rien, tant ce savoir est suave pour l’esprit, intimement lié à la nature humaine ; chacun en est passionné, tout être s’en trouve fasciné.
C’est donc par la grâce d’Allah que cette porte n’a pas été ouverte (4) ni son voile levé, afin que chacun paie (5) dans le pré qui est le sien, demeure dans ses propres limites et recherche ce qui lui est plus utile et plus profitable, que ce soit à court ou à long terme. Aussi Allah a-t-Il dissimulé aux créatures les arcanes de l’invisible, tout en leur en laissant quelques bribes, un mince échantillon dont elles se consolent, de sorte que cette science demeure convoitée comme les autres, sans faire écran à celles-ci.
Il dit : « N’eût été ce reliquat — qui a démasqué les prétendus accomplis et mis en échec les plus capables —, l’étonnement des hommes devant les prodiges des événements, les étranges revirements du destin (6) et les péripéties insolites ne serait que frivolité et sottise ; quant à leur abandon confiant à Allah, il ne relèverait que du divertissement et du jeu. »