Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim
  • Un autre encore — il s’agit d’al-Nushjânî — déclara : « Si l’un des deux astrologues attachés à l’un des deux rois (1) vient à faillir, ce n’est ni à cause d’une erreur de calcul, ni par manque de compétence dans l’exécution ; il est simplement inscrit dans son propre horoscope qu’il ne touchera pas juste (2) dans cette sentence, et, dans l’horoscope du roi, qu’en cette campagne son astrologue manquera la vérité. L’état qui est le sien et celui de son maître l’écartent donc de l’exactitude. Quant à l’autre, malgré la justesse de ses calculs et la finesse de sa perception, il est décrété dans son horoscope et dans celui de son souverain l’inverse de cela ; l’événement nécessaire se produit alors, tandis que s’annule celui qui n’avait pas à se produire.
    Les deux devins, du point de vue de la science et du calcul, avaient pourtant rendu à l’art tout son dû, accompli leur tâche et se tenaient sur un strict pied d’égalité, sans avantage manifeste ni défaut avéré.

  • Un autre dit : « N’eût été ce reste (3) enfoui, cette finalité cachée qu’Allah a réservée pour Lui, jamais pareille méprise ne se serait produite, alors même que les calculs sont exacts, l’examen minutieux, la plongée profonde, le but soigneusement recherché, et que la passion et l’inclination plaident pour la partie à laquelle le jugement profite.
    Ce reliquat circule dans les affaires de cette créature qu’est l’homme — les meilleurs, les moindres ou ceux d’entre-deux —, aussi bien dans ce qui est infime que dans ce qui est imposant, dans ce qui est ardu que dans ce qui est aisé (4). Quiconque porte en lui l’impulsion de scruter, d’observer, d’enquêter (5) et de méditer constatera ce à quoi j’ai fait allusion et s’y soumettra. »

(1) Les manuscrits de base portent : «al-mayilin» ; la leçon adoptée est celle du Maqabasat. (2) Le ms. T et le Maqabasat lisent : «an yusiba», lecture fautive. (3) Maqabasat : «al-hasana» ; (Z, S) : «al-mashi’a». (4) Mss. Q et T : «wa-dhikraha» ; la bonne leçon est tirée du Maqabasat. (5) Passage omis dans D ; T lit : «wa-t-tahar», Q : «wa-l-bahr», Maqabasat : «wa-t-takhyir» ; toutes ces formes sont corrompues. Le terme correct est «at-takhubbur» (enquête, demande d’information). Voir l’usage chez Abû Ḥayyân : al-Baṣâ’ir wa-d-Dhakhâ’ir 8/122 ; al-Imtâ‘ wa-l-Mu’ânasa 3/194.
* وقال آخر ــ وهو النُّوشْجاني ــ: إنما يؤتى أحدُ الحاكمَيْن لأحد المَلِكين (١) لا من جهة غلطٍ يكونُ في الحساب، ولا من قلَّة مهارةٍ في العمل، ولكنْ يكونُ في طالعه أن لا يصيبَ (٢) في ذلك الحكم، ويكونُ في طالع الملك أن لا يصيبَ منجِّمُه في تلك الحرب، فمقتضى حاله وحال صاحبه يحولُ بينه وبين الصواب، ويكونُ الآخرُ مع صحة حسابه وحُسْن إدراكه قد وجبَ في طالع نفسه وطالع صاحبه ضدُّ ذلك، فيقعُ الأمرُ الواجب، ويبطلُ الآخرُ الذي ليس بواجب. وقد كان المنجِّمان من جهة العلم والحساب أعطيا للصِّناعة حقَّها، ووفَّيا ما عليهما، ووقفا موقفًا واحدًا على غير مزيَّةٍ بيِّنة ولا علَّةٍ قائمة. * قال آخر: ولولا هذه البقيةُ (٣) المندفنة والغايةُ المستترةُ التي استأثر اللهُ بها لكان لا يَعْرِضُ هذا الخطأُ مع صحَّة الحساب، ودقَّة النظر، وشدَّة الغَوْص، وتوخِّي المطلوب، ومع غَلَبة الهوى والميل إلى المحكوم له. وهذه البقيةُ دائرةٌ في أمور هذا الخَلق فاضلِهم وناقصِهم ومتوسِّطهم، في دقيقها وجليلها، وصعبها وذلولها (٤)، ومن كان له في نفسه باعثٌ على التصفُّح والنظر والتخبُّر (٥) والاعتبار وقفَ على ما أومأتُ إليه وسلَّم.
(١) في الأصول: «المايلين». والمثبت من «المقابسات». (٢) (ت) و «المقابسات»: «أن يصيب». وهو خطأ. (٣) «المقابسات»: «الحسنة». (ز، س): «المشيئة». (٤) (ق) و (ت): «وذكرها». والمثبت من «المقابسات». (٥) مهملة في (د). (ت): «والتحر». (ق): «والبحر». وفي «المقابسات»: «والتخير». وكله تحريف. والتخبُّر (بالباء الموحدة): الاستخبار. وانظر لاستعمال أبي حيان له: «البصائر والذخائر» (٨/ ١٢٢)، و «الإمتاع والمؤانسة» (٣/ ١٩٤).

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