désigne l’état d’hostilité, de haine mutuelle et d’égarement réciproque qui prévaut parmi les hommes (1).
Or l’avis ainsi retenu est le plus faible de tous ceux qui concernent ce verset ; l’inimitié qu’Allah mentionne dans Son Livre (2) n’existe qu’entre Adam et Iblîs et entre leurs descendances respectives, comme l’affirme cette parole du Très-Haut : « Le démon est pour vous un ennemi ; prenez-le donc pour ennemi. » [Le Créateur 6] (3). Quant à Adam et son épouse, Allah — exalté soit-Il — nous informe qu’Il la créa à partir de lui afin qu’il trouve auprès d’elle la quiétude. Il dit encore : « Parmi Ses signes, Il a créé, de votre propre espèce, des épouses pour que vous trouviez auprès d’elles sérénité, et Il a mis entre vous affection et miséricorde. » [Les Romains 21]. Ainsi, le Très-Haut a instauré l’affection entre l’homme et son épouse, tandis qu’Il a établi l’hostilité entre Adam et Iblîs et leurs lignées.
Un autre indice va dans le même sens : le pronom qui suit revient à eux sous une forme plurielle. Adam, son épouse et Iblîs ont été mentionnés plus haut dans la parole divine : « Satan les fit trébucher et les fit sortir de l’état où ils se trouvaient. » Ces trois personnages sont donc Adam, son épouse et Iblîs. Pourquoi, dès lors, le pronom renverrait-il à une partie seulement de ceux qui viennent d’être cités (4), en contradiction avec la logique du discours, et ne renverrait-il pas à l’ensemble, ce qui serait pourtant la tournure la plus naturelle ?
On objectera : « Que faites-vous alors de la parole révélée dans la sourate Tâ-Hâ : “Descendez-en tous deux ; désormais les uns seront les ennemis des autres” ? » Or il s’agit là d’une adresse à Adam et à Ève, et le verset annonce pourtant une inimitié réciproque entre eux.