Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

désigne l’état d’hostilité, de haine mutuelle et d’égarement réciproque qui prévaut parmi les hommes (1).

Or l’avis ainsi retenu est le plus faible de tous ceux qui concernent ce verset ; l’inimitié qu’Allah mentionne dans Son Livre (2) n’existe qu’entre Adam et Iblîs et entre leurs descendances respectives, comme l’affirme cette parole du Très-Haut : « Le démon est pour vous un ennemi ; prenez-le donc pour ennemi. » [Le Créateur 6] (3). Quant à Adam et son épouse, Allah — exalté soit-Il — nous informe qu’Il la créa à partir de lui afin qu’il trouve auprès d’elle la quiétude. Il dit encore : « Parmi Ses signes, Il a créé, de votre propre espèce, des épouses pour que vous trouviez auprès d’elles sérénité, et Il a mis entre vous affection et miséricorde. » [Les Romains 21]. Ainsi, le Très-Haut a instauré l’affection entre l’homme et son épouse, tandis qu’Il a établi l’hostilité entre Adam et Iblîs et leurs lignées.

Un autre indice va dans le même sens : le pronom qui suit revient à eux sous une forme plurielle. Adam, son épouse et Iblîs ont été mentionnés plus haut dans la parole divine : « Satan les fit trébucher et les fit sortir de l’état où ils se trouvaient. » Ces trois personnages sont donc Adam, son épouse et Iblîs. Pourquoi, dès lors, le pronom renverrait-il à une partie seulement de ceux qui viennent d’être cités (4), en contradiction avec la logique du discours, et ne renverrait-il pas à l’ensemble, ce qui serait pourtant la tournure la plus naturelle ?

On objectera : « Que faites-vous alors de la parole révélée dans la sourate Tâ-Hâ : “Descendez-en tous deux ; désormais les uns seront les ennemis des autres” ? » Or il s’agit là d’une adresse à Adam et à Ève, et le verset annonce pourtant une inimitié réciproque entre eux.

(1) Al-Kashshaf, vol. 1, p. 128. (2) L’expression « fi kitâbihi » (dans son livre) n’apparaît que dans le manuscrit T. (3) Le manuscrit Q ajoute ici « wa-lâ ‘adu » (et point d’ennemi), ajout sans pertinence. (4) Manuscrit T : « al-madhkurayn » ; dans D, les lettres yâʾ et nûn ont été rayées.
عَدُوٌّ﴾ ما عليه الناسُ من التعادي والتباغض وتضليل بعضهم لبعض" (١). وهذا الذي اختاره أضعفُ الأقوال في الآية؛ فإنَّ العداوةَ التي ذكرها اللهُ في كتابه (٢) إنما هي بين آدم وإبليس وذرياتهما، كما قال تعالى: ﴿إِنَّ الشَّيْطَانَ لَكُمْ عَدُوٌّ فَاتَّخِذُوهُ عَدُوًّا﴾ [فاطر: ٦] (٣)، وأمَّا آدمُ وزوجُه فإنَّ الله سبحانه أخبر في كتابه أنه خلقها منه ليَسْكُنَ إليها، وقال تعالى: ﴿وَمِنْ آيَاتِهِ أَنْ خَلَقَ لَكُمْ مِنْ أَنْفُسِكُمْ أَزْوَاجًا لِتَسْكُنُوا إِلَيْهَا وَجَعَلَ بَيْنَكُمْ مَوَدَّةً وَرَحْمَةً﴾ [الروم: ٢١]، فهو سبحانه جعَل المودةَ بين الرجل وزوجه، وجعل العداوة بين آدمَ وإبليسَ وذرياتهما. ويدلُّ عليه ــ أيضًا ــ عَوْدُ الضَّمير إليهم بلفظ الجمع، وقد تقدَّم ذكرُ آدمَ وزوجه وإبليس في قوله: ﴿فَأَزَلَّهُمَا الشَّيْطَانُ عَنْهَا فَأَخْرَجَهُمَا مِمَّا كَانَا فِيهِ﴾، فهؤلاء ثلاثة: آدم، وزوجه، وإبليس؛ فلماذا يعودُ الضميرُ على بعض المذكور (٤) مع منافرته لطريق الكلام، ولا يعودُ على جميع المذكور مع أنه وَجْهُ الكلام؟! فإن قيل: فما تصنعون بقوله في سورة طه: ﴿قَالَ اهْبِطَا مِنْهَا جَمِيعًا بَعْضُكُمْ لِبَعْضٍ عَدُوٌّ﴾، وهذا خطابٌ لآدم وحوَّاء، وقد أخبر بعداوة بعضهم بعضًا؟
(١) "الكشاف" (١/ ١٢٨). (٢) "في كتابه" من (ت) فقط. (٣) في (ق) هنا زيادة: "ولا عدو" ولا معنى لها. (٤) (ت): "المذكورين". وضرب على الياء والنون في (د).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies