« Tu redoutes Saturne, tandis que moi je crains le Seigneur de Saturne ; tu places ton espoir dans Jupiter, tandis que moi j’adore 1 le Seigneur de Jupiter ; tu te lèves au matin pour consulter 2, et moi je me lève pour accomplir l’istikhâra (la prière de demande d’orientation). Dis-moi donc, quelle distance nous sépare ?! »
Quant à Anushirwân — l’un des rois 3 éminents — il ne prêtait aucune attention aux étoiles. On l’interrogea à ce sujet et il répondit : « Quand elles tombent juste, cela relève presque de l’intuition ; mais lorsqu’elles se trompent, l’amertume est très pénible. »
Si donc ce savant distingué, ce maître clairvoyant et habile, en arrive à de pareilles limites et conclusions, son savoir demeure dénué de fruit, vide de toute utilité, incapable de produire le moindre résultat : pas de gain, pas de retour.
Or, une affaire dont les débuts sont ce que nous avons décrit et dont la fin est telle que nous venons de l’exposer mérite qu’on ne lui sacrifie ni son temps, ni les années de sa vie, qu’on ne lui prête 4 ni souci ni peine 5, et qu’on ne se hâte 6 vers elle d’aucune manière, pour aucune raison.