Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

« Tu redoutes Saturne, tandis que moi je crains le Seigneur de Saturne ; tu places ton espoir dans Jupiter, tandis que moi j’adore 1 le Seigneur de Jupiter ; tu te lèves au matin pour consulter 2, et moi je me lève pour accomplir l’istikhâra (la prière de demande d’orientation). Dis-moi donc, quelle distance nous sépare ?! »

Quant à Anushirwân — l’un des rois 3 éminents — il ne prêtait aucune attention aux étoiles. On l’interrogea à ce sujet et il répondit : « Quand elles tombent juste, cela relève presque de l’intuition ; mais lorsqu’elles se trompent, l’amertume est très pénible. »

Si donc ce savant distingué, ce maître clairvoyant et habile, en arrive à de pareilles limites et conclusions, son savoir demeure dénué de fruit, vide de toute utilité, incapable de produire le moindre résultat : pas de gain, pas de retour.

Or, une affaire dont les débuts sont ce que nous avons décrit et dont la fin est telle que nous venons de l’exposer mérite qu’on ne lui sacrifie ni son temps, ni les années de sa vie, qu’on ne lui prête 4 ni souci ni peine 5, et qu’on ne se hâte 6 vers elle d’aucune manière, pour aucune raison.

(1) Les ouvrages al-Muqabasat, al-Basa’ir wa-l-Dhakha’ir et Akhbar al-Hukama’ portent la leçon : « arju » (j’espère). (2) Expression désignant la consultation des astres. Le manuscrit T lit « ta‘du bi-l-ishara », leçon fautive. (3) Al-Muqabasat (mss. Z et S) donne « min al-mughafalin » (parmi les niais), amusante altération ; la leçon correcte est « al-mu‘aqqalin », c.-à-d. les intelligents. Voir : Dozy, Takmilat al-Ma‘ajim, VII, 269, et l’introduction de l’édition critique de al-Hafawat al-nadira, p. 31. Il est possible qu’Ibn al-Qayyim, trouvant le terme obscur, l’ait modifié. (4) Al-Muqabasat lit « yuqarra » ; la leçon retenue suit les témoins principaux ainsi que les mss. Z et S. (5) Al-Muqabasat (Z, S) lit « wa-l-kadar » (et la turbidité). (6) Autrement dit : « on n’y prête aucune attention ». Al-Muqabasat (Z, S) lit « yu‘ad ‘alayh » (on le lui répète).
أنت تخاف زُحَل وأنا أخافُ ربَّ زُحَل، وأنت ترجو المشتري وأنا أعبدُ (١) ربَّ المشتري، وأنت تغدو بالاستشارة (٢) وأنا أغدو بالاستخارة، فكم بيننا؟! وهذا أنوشروان ــ وكان من الملوك (٣) الأفاضل ــ كان لا يَرْفَعُ بالنجوم رأسًا، فقيل له في ذلك، فقال: صوابُه يُشْبِهُ الحَدْس، وخطؤه شديدٌ على النفس. فمتى أفضى هذا الفاضلُ النِّحريرُ، والحاذقُ البصير، إلى هذا الحدِّ والغاية؛ كان علمُه عاريًا من الثمرة، خاليًا من الفائدة، حائلًا عن النتيجة، بلا عائدةٍ ولا مَرْجُوع. وإنَّ أمرًا أوَّلُه على ما قرَّرنا، وآخرُه على ما ذكرنا، لحريٌّ أن لا يُشْغَلَ الزمانُ به، ولا يُوهَبَ العمرُ له، ولا يُعَارَ (٤) الهمَّ والكدَّ (٥)، ولا يُعاجَ عليه (٦) بوجهٍ ولا سبب.
(١) «المقابسات» و «البصائر والذخائر»، و «أخبار الحكماء»: «أرجو». (٢) استشارة النجوم. وفي (ت): «تعدو بالإشارة». وهو تحريف. (٣) «المقابسات» (ز، س): «من المغفلين»!. وهو تحريفٌ طريف، والصواب: «المعقَّلين» أي: الأذكياء. انظر: «تكملة المعاجم» لدوزي (٧/ ٢٦٩)، ومقدمة تحقيق «الهفوات النادرة» (٣١). ولعل ابن القيم استشكلها فغيَّرها. (٤) «المقابسات»: «يقارَّ». والمثبت من الأصول و (ز، س). (٥) «المقابسات» (ز، س): «والكدر». (٦) أي: ولا يلتفَت إليه. وفي «المقابسات» (ز، س): «يعاد عليه».

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies