On fit alors observer, au cours de l’assemblée : « Pourquoi la science des astres se révèle-t-elle dépourvue d’utilité et de fruit, alors qu’aucune autre discipline n’est dans ce cas ? La médecine, par exemple, n’est pas ainsi — l’on en a exposé l’intérêt et les bienfaits ; de même l’arithmétique, la grammaire, la géométrie et les divers arts : leurs avantages et leurs fruits ont été longuement détaillés. »
Puis l’interlocuteur poursuivit : « Il n’en va pas de même pour l’astrologie ; car, lorsque son adepte pousse l’investigation jusqu’au bout (1), atteint l’ultime degré dans la connaissance des astres, maîtrise leurs courses, leurs conjonctions, leurs rétrogradations et leurs oppositions, leurs quadratures, leurs trigones et leurs sextiles, ainsi que les multiples combinaisons de leurs influences selon leur position dans leurs signes et leurs figures, leurs levers, leurs déclinaisons (2), leurs couchers, leurs levers héliaques et leurs trajectoires ; lorsqu’il prononce enfin un jugement, il vise juste ; lorsqu’il vise juste, il confirme ; lorsqu’il confirme, il tranche ; et lorsqu’il tranche, il décrète — il demeure pourtant absolument incapable de transformer une réalité en une autre, de détourner quoi que ce soit vers autre chose (3), d’éloigner un événement qui est sur le point d’advenir, d’écarter une calamité (4) déjà inscrite (5), ou de lever une félicité qui s’est amorcée et annoncée (6). Autrement dit (7), il ne saurait faire d’une résidence un voyage, d’une déroute une victoire, d’un nœud une dissolution (8), d’une conclusion un désaveu, du désespoir une espérance, de l’échec une réussite, d’un ennemi un ami, d’un allié un adversaire, ni changer le lointain en proche ou le proche en lointain. »