Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

effets — j’entends, qu’ils les produisent par leur propre essence ou de façon accidentelle —, et qu’on ne connaisse ni leurs configurations ni leurs natures, notre science du fait qu’une chose subit leur influence ne saurait, à aucun moment, relever de la certitude (1).

Thābit ibn Qurra (2) — et l’autorité qu’il représente à leurs yeux n’est plus à démontrer — déclare, dans son ouvrage Tartīb al-ʿilm (L’Ordonnancement de la science) (3) : « Quant à la science des jugements astrologiques, ses spécialistes ont divergé à son sujet d’une divergence extrême ; certains sont allés jusqu’à revendiquer ce qui n’est ni valable ni véridique, sans aucun lien avec les phénomènes naturels, au point de prétendre qu’elle relève même de la science de l’inconnaissable. Malgré cela, jusqu’à notre époque, on n’en a jamais vu une réalisation qui s’approche de la perfection que l’on rencontre dans d’autres disciplines (4). »

Tels sont ses propres propos, alors même qu’il nourrit à son égard une opinion favorable et qu’il la compte parmi les sciences.

Abû Naṣr al-Fârâbî, pour sa part, affirme : « Sache que si tu inversais les schémas des astrologues, faisant du bénéfique un maléfique, du maléfique un bénéfique, du chaud un froid, du froid un chaud, du masculin un féminin et du féminin un masculin, puis que tu rendais tes jugements, ceux-ci seraient, par nature, identiques aux leurs : tantôt justes, tantôt erronés (5). »

Quant à Abû ʿAlî Ibn Sînâ, il consacre la fin de son livre al-Shifâʾ (La Guérison) à réfuter cette discipline et à en démontrer la nullité en s’appuyant sur ce qu’elle contient elle-même (6).

(1) Le manuscrit T porte «tafʿalu» (elle agit) ; cette expression est absente du manuscrit Q. (2) Al-Harrani, le Sabéen, astrologue, mort en 288 H, réputé sans égal en médecine et en philosophie. Cf. al-Fihrist, p. 380 ; Siyar, 13/485. (3) Il s’agit vraisemblablement du livre Marâtib al-ʿulûm (Les degrés des sciences) ou Marâtib qirâʾat al-ʿulûm. Voir Akhbâr al-ḥukamâʾ, p. 164, et Hadiyyat al-ʿârifîn, 1/132. (4) Les manuscrits de base lisent «yaṣlaḥ» ; la leçon adoptée provient du manuscrit Ṭ. (5) Voir supra, p. 1195. (6) Voir supra, p. 1182.
الأفاعيل ــ أعني بذاتها أو بطريق العَرَض ــ، ولم تُعرف ما هيآتُها وذواتها؛ لم تكن معرفتُنا بالشيء [أنه] ينفعل (١) على جهة اليقين». وهذا ثابتُ بن قُرَّة (٢) ــ وهو ما هو عندهم ــ يقول في كتاب «ترتيب العلم» (٣): «وأمَّا علمُ القضاء من النجوم فقد اختلفَ فيه أهلُه اختلافًا شديدًا، وخرج فيه قومٌ إلى ادِّعاء ما لا يصحُّ (٤) ولا يصدُق، بما لا اتصال له بالأمور الطبيعية، حتى ادَّعوا في ذلك ما هو مِن علم الغيب، ومع هذا فلم يوجد منه إلى زماننا هذا قريبٌ من التمام كما وُجِدَ غيرُه». هذا لفظُه، مع حُسْن ظنِّه به، وعَدِّه له في العلوم. وهذا أبو نصر الفارابيُّ يقول: «واعلَم أنك لو قلبتَ أوضاعَ المنجِّمين فجعلتَ السَّعدَ نَحْسًا، والنَّحْسَ سعدًا، والحارَّ باردًا، والباردَ حارًّا، والذَّكرَ أنثى، والأنثى ذكرًا، ثمَّ حكَمْتَ؛ لكانت أحكامُك من جنس أحكامهم، تصيبُ تارةً وتخطاءُ تارة» (٥). وهذا أبو عليِّ ابنُ سينا قد أتى في آخر كتابه «الشفاء» في ردِّ هذا العلم وإبطاله بما هو موجودٌ فيه (٦).
(١) (ت): «تفعل». وهي مهملة في (ق). (٢) الحرَّاني، الصاباء، المنجِّم، لم يكن في زمانه من يماثله في الطب والفلسفة (ت: ٢٨٨). انظر: «الفهرست» (٣٨٠)، و «السير» (١٣/ ٤٨٥). (٣) لعله كتاب «مراتب العلوم» أو «مراتب قراءة العلوم». انظر: «أخبار الحكماء» (١٦٤)، و «هدية العارفين» (١/ ١٣٢). (٤) في الأصول: «يصلح». والمثبت من (ط). (٥) تقدم (ص: ١١٩٥). (٦) راجع ما تقدم (ص: ١١٨٢).

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