L’auteur de l’épître poursuit : « Chaque fois que la sphère céleste adopte telle ou telle configuration, les astrologues prétendent que, si ce thème concerne la naissance d’un Égyptien, il épousera sa sœur ; c’était, disent-ils, une coutume et une pratique admises chez eux. En revanche, pour la nativité de quiconque n’est pas Égyptien, la même configuration n’impliquerait rien de tel.
Or nous constatons qu’à notre époque les habitants de l’Égypte ont délaissé cette pratique ; ils ont renoncé à cet usage depuis qu’ils se sont ralliés à l’islam ou au christianisme et qu’ils en appliquent les prescriptions.
Il faut donc que cette prétendue indication disparaisse des thèmes de naissance des Égyptiens, puisque la coutume qui la sous-tendait n’existe plus ; à moins qu’elle ne doive, de manière incohérente, signifier la même chose dans le thème de tout un chacun, Égyptien ou non ; ou encore qu’elle ne tombe tout simplement en désuétude et soit annulée du fait que les Égyptiens – et, de même, la majorité des Perses – ont abandonné leur ancienne habitude. Quelle que soit l’hypothèse retenue, cela met en évidence la laideur de la contradiction et l’ampleur de la supercherie.
J’ai d’ailleurs lu que leur maître Ptolémée déclare, dans son ouvrage connu sous le nom de « Tetrabiblos » (1) : “Nous devinons alors qu’il arrivera telle ou telle chose”, et encore : “Lorsque tel et tel signe apparaît, nous nous figurons qu’il se produira telle ou telle conséquence.”
Je dis donc : Ptolémée a clairement reconnu que la connaissance des jugements astrologiques, même après avoir poussé à l’extrême l’examen de tout ce qu’il convient de connaître (2), ne repose que sur la conjecture, non sur un savoir assuré et certain.
Il le déclare en toutes lettres : “Ainsi, en somme, tout ce qui concerne l’état de cet élément ne peut être saisi que par l’opinion et la conjecture, non par la certitude, surtout lorsqu’il s’agit d’un composé formé d’éléments nombreux et hétérogènes.”»