Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

L’auteur de l’épître poursuit : « Chaque fois que la sphère céleste adopte telle ou telle configuration, les astrologues prétendent que, si ce thème concerne la naissance d’un Égyptien, il épousera sa sœur ; c’était, disent-ils, une coutume et une pratique admises chez eux. En revanche, pour la nativité de quiconque n’est pas Égyptien, la même configuration n’impliquerait rien de tel.

Or nous constatons qu’à notre époque les habitants de l’Égypte ont délaissé cette pratique ; ils ont renoncé à cet usage depuis qu’ils se sont ralliés à l’islam ou au christianisme et qu’ils en appliquent les prescriptions.

Il faut donc que cette prétendue indication disparaisse des thèmes de naissance des Égyptiens, puisque la coutume qui la sous-tendait n’existe plus ; à moins qu’elle ne doive, de manière incohérente, signifier la même chose dans le thème de tout un chacun, Égyptien ou non ; ou encore qu’elle ne tombe tout simplement en désuétude et soit annulée du fait que les Égyptiens – et, de même, la majorité des Perses – ont abandonné leur ancienne habitude. Quelle que soit l’hypothèse retenue, cela met en évidence la laideur de la contradiction et l’ampleur de la supercherie.

J’ai d’ailleurs lu que leur maître Ptolémée déclare, dans son ouvrage connu sous le nom de « Tetrabiblos » (1) : “Nous devinons alors qu’il arrivera telle ou telle chose”, et encore : “Lorsque tel et tel signe apparaît, nous nous figurons qu’il se produira telle ou telle conséquence.”

Je dis donc : Ptolémée a clairement reconnu que la connaissance des jugements astrologiques, même après avoir poussé à l’extrême l’examen de tout ce qu’il convient de connaître (2), ne repose que sur la conjecture, non sur un savoir assuré et certain.

Il le déclare en toutes lettres : “Ainsi, en somme, tout ce qui concerne l’état de cet élément ne peut être saisi que par l’opinion et la conjecture, non par la certitude, surtout lorsqu’il s’agit d’un composé formé d’éléments nombreux et hétérogènes.”»

(1) L’ouvrage est également connu sous le titre «al-Maqâlât al-arbaʿ» (Les Quatre traités). Voir : Histoire de la littérature arabe, t. 4, p. 95 ; Rectificatifs à l’Histoire du patrimoine arabe, t. 8, p. 87. (2) Var. T : «après avoir épuisé sa connaissance».
قال صاحب الرِّسالة: «وإذا كان الفلَك متى تشكَّل شكلًا ما، دلَّ إن كان في مولد مصريٍّ على أنه يتزوَّجُ أختَه، فذلك سُنَّةٌ كانت لهم وعادة، وإن كان في مولد غيره لم يدلَّ على ذلك. ونحن نجدُ أهلَ مصرَ في وقتنا هذا قد زالوا عن تلك العادة، وتركوا تلك السُّنَّة بدخولهم في الإسلام والنصرانيَّة واستعمالهم أحكامَهما. فيجبُ أن تسقط هذه الدَّلالةُ من مواليدهم لزوالهم عن تلك العادة، أو تكون الدَّلالةُ توجبُ ذلك في مولد كلِّ أحدٍ منهم ومن غيرهم، أو تسقط الدَّلالةُ وتبطُل بزوال أهل مصر عما كانوا عليه، وكذلك جمهورُ أهل فارس. وأيُّ ذلك كان، فهو دالٌّ على قُبْح المناقَضة وشدَّة المغالطة. وقد رأيتُ وجهَهم بَطْليموس يقول في كتابه المعروف بـ «الأربعة» (١): فيَحْدُسُ على أنه يكون كذا وكذا، ويقول: فإذا كان كذا وكذا توهَّمنا أنه يكونُ كذا وكذا». قلت: الذي صرَّحَ به بَطْليموس أنَّ علمَ أحكام النجوم بعد استقصاء معرفة ما ينبغي معرفتُه (٢) إنما هو على جهة الحَدْس لا العلم واليقين. فمِن ذلك قولُه: «هذا، وبالجملة، فإنَّ جميعَ علم حال هذا العنصر إنما يستقيمُ أن يُلْحَقَ على جهة الظَّنِّ والحَدْس لا على جهة اليقين، وخاصَّةً ما كان منه مركَّبًا من أشياء كثيرةٍ غير متشابهة».
(١) ويسمى أيضًا: «المقالات الأربع». انظر: «تاريخ الأدب العربي» (٤/ ٩٥)، و «استدراكات على تاريخ التراث العربي» (٨/ ٨٧). (٢) (ت): «بعد استقصاء معرفته».

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