et que les facteurs qui les contredisent et en neutralisent l’effet sont plus nombreux encore que ceux que l’on connaît ; comment, dès lors, le mensonge et l’erreur ne surgiraient-ils pas ? En réalité, la vérité et l’exactitude ne surviennent presque jamais que par pur hasard (1).
Pour notre part, nous ne nions nullement le lien qui unit les effets à leurs causes, contrairement à bien des théologiens spéculatifs qui, s’obstinant, ont nié l’évidence sensible et rejeté les réalités. De même, nous ne saurions avaliser les divagations et les impossibilités auxquelles se livrent les ahkāmiyyîn (astrologues). Au contraire, nous affirmons l’existence des causes et des effets, des agents et des produits, tout en démontrant la fausseté de leur prétendue science des jugements stellaires : selon eux, les astres dirigeraient ce monde, rendraient heureux ou malheureux, donneraient la vie et la mort, distribueraient savoirs, œuvres, caractères, subsistances et durées de vie. Vous prétendez même (2) que l’étude (3) de cette discipline vous confère une connaissance de l’invisible à laquelle nul autre n’accède. Or, parmi toutes les catégories d’hommes, il n’en est pas de moins informés de l’inconnu que vous ; en vérité, vous êtes les plus ignorants du mystère, et sans conteste !
Quiconque examine la condition de vos praticiens chevronnés et de vos « savants » verra qu’ils s’appuient sur des malāḥim (récits apocalyptiques) composées à partir de révélations de certains devins, de songes, d’intuitions physiognomoniques, de récits transmis par les Gens du Livre et d’autres encore, le tout mêlé à quelques expériences avérées, assorties de conjonctions planétaires (4)